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Complications

Troubles cognitifs liés à la chimio : comment soulager le «chemo brain» ?

Les patients touchés par le cancer qui souffrent de troubles cognitifs liés à la chimio, surnommés "chemo brain", ont plusieurs moyens pour lutter contre cette complication.

Troubles cognitifs liés à la chimio : comment soulager le \ Makhbubakhon Ismatova/istock




L'ESSENTIEL
  • Près de 8 patients sur 10 signalent un brouillard cérébral pendant et après le traitement contre le cancer. Ils présentent une baisse de l'attention et de la mémoire.
  • L'étude montre que l'exercice et l'ibuprofène - seuls ou en combinaison - diminuent ce trouble.
  • Il ne faut pas commencer à prendre de l'ibuprofène sans avis médical.

Près de 8 patients sur 10 souffrent de brouillard cérébral, de difficultés à se concentrer ou encore de trous de mémoire pendant et après le traitement contre le cancer. Ces troubles cognitifs liés à la chimiothérapie, surnommés "chemo brain", "brouillard de chimio" ou "chimio-cerveau", peuvent fortement impacter la vie quotidienne des malades.

Toutefois, des chercheurs de l’université de médecine de Rochester se sont penchés sur ce problème et ont découvert plusieurs méthodes pour réduire le "chemo brain". Ils les ont détaillés dans un article paru dans la revue Cancer, le 20 avril 2026.

L’exercice et l’ibuprofène aident à lutter contre le brouillard de chimio

Les scientifiques de cette université travaillent sur cette complication de la thérapie anti-cancer depuis plusieurs années. En mars dernier, ils ont publié des travaux montrant qu’une activité d'intensité légère à modérée comme la marche permettait de réduire le chemo brain. Le yoga et les exercices de résistance (par exemple, bandes de résistance) se révèlent également efficaces.

Selon leurs nouveaux travaux, l'ibuprofène pourrait également aider à soulager les symptômes. L’équipe est parvenue à cette conclusion après avoir suivi 86 patients atteints de cancer qui recevaient une chimiothérapie et ont signalé des problèmes cognitifs.

Ils étaient divisés en 4 groupes : le premier devait faire de l’exercice physique et prendre 200 mg d'ibuprofène (une pilule) deux fois par jour. Le deuxième participait aussi au programme sportif, mais il recevait un placebo au lieu du médicament. Le 3e prenait uniquement de l’ibuprofène et le 4e un placebo.

Après six semaines, les participants du groupe exercice et placebo ont affiché une meilleure attention par rapport au groupe placebo. Les volontaires prenant de l'ibuprofène uniquement ont également montré de plus grandes améliorations que ceux avec le placebo.

Les deux groupes qui faisaient de l’exercice (avec ibuprofène ou avec placebo), sont les seuls à avoir enregistré des améliorations cognitives qui étaient aussi remarquées par leurs proches.

Ainsi, l’étude a montré que l'exercice physique et l'ibuprofène — seuls ou combinés — atténuaient le brouillard mental lié au traitement anti-cancer, "bien que l'exercice physique semble être le plus bénéfique, même chez une personne sédentaire ou qui ne se sent pas bien certains jours", ajoutent les auteurs dans leur communiqué.

Ne prenez pas d'ibuprofène sans avis médical

Bien qu’aucun événement indésirable n'ait été signalé lors des essais, les chercheurs mettent en garde les patients souffrant de troubles cognitifs liés à la chimiothérapie. Il ne faut pas commencer à faire de l’exercice, et encore moins à prendre des cachets, sans discuter avec son équipe soignante au préalable. Cette précaution permet "d'éviter d'éventuels effets nocifs ou des interactions médicamenteuses avec les médicaments existants".

Après la publication des résultats, les auteurs vont continuer leurs travaux sur le "chemo brain" et ses solutions. Ils veulent notamment vérifier que leurs découvertes se confirment et les affiner. "Puisque nous avons constaté des bénéfices cognitifs dans certains domaines et pas dans d'autres", explique Dr Michelle Janelsins qui a dirigé l'étude, "nous envisagerons également des doses supplémentaires et des durées plus longues dans les futurs essais cliniques".

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