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Psychiatrie

Stress post-traumatique : deux profils identifiés par des chercheurs

Des chercheurs ont identifié deux profils distincts de troubles du stress post-traumatique : l’un dominé par la peur, l’autre par une douleur émotionnelle profonde. 

Stress post-traumatique : deux profils identifiés par des chercheurs g-stockstudio/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les troubles du stress post-traumatique (TSPT) surviennent après un événement bouleversant et peuvent s’exprimer de différentes façons.
  • Selon une nouvelle étude, le TSPT ne se limite pas aux réactions de peur.
  • Les scientifiques ont identifié deux profils distincts : l’un dominé par la peur, l’autre par une douleur émotionnelle profonde.

"Les troubles du stress post-traumatique (TSPT) sont très hétérogènes, pourtant la plupart des cadres diagnostiques et des modèles de traitement se sont historiquement concentrés sur les processus liés à la peur”, explique Ziv Ben-Zion, docteur en psychologie, dans un communiqué. Avec son équipe, ce professeur et chercheur de la Yale School of Medicine, aux États-Unis, vient de publier une étude dans la revue Biological Psychiatry sur les TSPT. 

Deux profils de patients atteints de troubles du stress post-traumatique

Dans ces travaux, les scientifiques ont analysé les TSPT différemment, en ne se basant pas uniquement sur la peur. "Nous avons émis l’hypothèse qu’(elle) ne rend compte que d’une partie du tableau clinique”, ajoute-t-il. Pour tester cette théorie, les chercheurs ont mené deux analyses. Dans la première, plus de 800 personnes exposées à un traumatisme ont rempli un questionnaire standardisé, la PTSD Checklist for DSM-5 (PCL-5), qui recense les principaux symptômes du TSPT.

Grâce à leurs réponses, les scientifiques ont identifié deux profils distincts de TSPT : l’un dominé par la peur, l’autre par une douleur émotionnelle profonde. Le premier était associé à des symptômes de "réactivité à la menace”, comme des flashbacks, des cauchemars, des réactions de sursaut exagérées, des souvenirs traumatisants et un évitement des situations rappelant le traumatisme. L’autre profil, qualifié de douleur émotionnelle profonde, se caractérisait par une détresse psychologique, avec une perte d'intérêt, des émotions négatives, des troubles du sommeil et de l'hyperréactivité émotionnelle. Concernant l’impact sur le quotidien, 70 % des participants ont jugé la douleur émotionnelle plus invalidante que la peur.

Stress post-traumatique : prédire l’évolution des symptômes

Dans la seconde phase de leur étude, les chercheurs ont voulu comprendre l’impact du TSPT sur le cerveau. Leur but était d’identifier des signes pouvant prédire la façon dont les patients vont évoluer. Pour cela, ils ont utilisé l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) afin d’analyser les connexions cérébrales de 162 survivants récents d’un traumatisme. Certaines configurations neuronales leur ont permis de prédire l’évolution des symptômes 14 mois plus tard. 

Néanmoins, ils n’ont pas réussi à le faire que pour le profil dominé par la peur. Pour les scientifiques, cela signifie qu’au niveau cérébral, les deux profils reposent sur des mécanismes neuronaux différents. "Le fait que la distinction entre peur et douleur émotionnelle ait été reproduite dans des échantillons indépendants a renforcé notre confiance dans le modèle”, souligne Ziv Ben-Zion.

À terme, cette découverte pourrait permettre la mise en place de traitements et de prises en charge plus adaptés à chaque profil. Selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), les TSPT disparaissent généralement dans les trois mois suivant l'événement bouleversant. Mais environ 20% des patients vont développer une forme chronique du syndrome. 20 % pour qui cette prise en charge plus individualisée pourrait donc être très utile.

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