- En 2025, 628 cas d’infection invasive à méningocoque (IIM) ont été déclarés. Cela représente une hausse de 2 % en un an.
- Cela confirme la recrudescence des IIM observée depuis 2022.
- L’âge médian des malades était de 42,5 ans, contre 29 ans en 2023 et 37 ans en 2024.
Les infections invasives à méningocoque (IIM) ont continué à sévir en 2025. Selon Santé Publique France, on a compté 628 cas dans le pays, soit une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente. Ce rebond pourrait être lié à la diminution de l’immunité qui a suivi la pandémie et les confinements ainsi que la sévérité de l'épidémie de grippe de l'année dernière.
628 cas d’infection invasive à méningocoque déclarés en 2025
"La recrudescence des IIM observée depuis 2023 s’est poursuivie avec des nombres de cas plus élevés que ceux observés avant la COVID-19 notamment les années 2018-2019", soulignent les auteurs du bilan publié le 28 avril 2026. En 2025, un nombre exceptionnel de cas d’infections invasives à méningocoque a été enregistré en janvier et en février. Pour les auteurs, ce pic pourrait être lié à "une saison de grippe 2024/25 d’intensité élevée". "En effet, la grippe peut favoriser le passage du portage pharyngé à l’invasion en raison de différents mécanismes (fragilisation de la muqueuse respiratoire, augmentation de l’adhésion du méningocoque aux cellules épithéliales, diminution transitoire de l’immunité)", précisent les auteurs.
Plusieurs souches sont susceptibles d'être responsable d'une infection invasives à méningocoque. Lors de l’année 2025, la plus virulente a été la souche B avec 45,6 % des cas diagnostiqués. Vennaient ensuite les souches W et Y, respectivement responsables de 29,1 % et 23,4 % des infections. "La létalité globale des IIM était de 13 % mais elle était de 21 % pour les IIM W, soulignant la gravité particulière des infections liées à ce sérogroupe."
Les régions de l’Hexagone les plus touchées ont été la Normandie (1,20/100 000 habitants), Auvergne-Rhône-Alpes (1,15/100 000 habitants), et Pays-de-la-Loire (1,14/100 000 habitants).
Méningite, septicémie : quel était le profil des malades ?
Parmi les 628 cas déclarés, près de 6 patients sur 10 étaient de sexe féminin. "Ces proportions variaient significativement selon l’âge avec une proportion plus élevée de cas féminins chez les personnes âgées (67 % chez les 60-79 ans et 77 % chez les 80 ans et plus) et plus faible chez les enfants et adolescents (48 % parmi les cas âgés de moins de 15 ans)", précise le rapport. En revanche, les malades étaient un peu plus âgés que les années précédentes. En effet, l’âge médian était de 42,5 ans (contre 29 ans en 2023 et 37 ans en 2024).
Toutefois, ces statistiques ne doivent pas faire oublier que les enfants, les adolescents et les jeunes adultes peuvent aussi être des victimes des méningocoques. "En 2025, le taux d’incidence des cas déclarés d’IIM restait le plus élevé chez les nourrissons âgés de moins d’un an avec 60 cas, soit un taux de 9,7 pour 100 000 habitants", précisent les auteurs. Par ailleurs, depuis 2022-2023, une recrudescence des IIM W et Y a été observée au sein de cette population. "Le taux d’incidence chez les 5-14 ans et les 15-24 ans reste très inférieur à celui des nourrissons, mais cette augmentation est considérée comme préoccupante", ajoutent-ils.
Ce constat a d’ailleurs nourri la recommandation du vaccin ACWY pour les adolescents âgés de 11 à 14 ans avec un rattrapage vaccinal jusqu’à l’âge de 24 ans (remboursement effectif depuis novembre 2024 dans ces classes d’âge), émise en 2024. De plus, pour améliorer la couverture vaccinale, l’injection est désormais proposée aux élèves 5e lors de la 5e campagne nationale de vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV).
Des opérations de sensibilisation des jeunes sont aussi prévues au cours de la Semaine Européenne de la vaccination qui tient jusqu’au 3 mai.


