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Mémoire

Peut-on vraiment effacer les effets de l’obésité ?

Une étude révèle que le système immunitaire garde une trace de l’obésité pendant plusieurs années. Même après une perte de poids, cette mémoire pourrait maintenir un risque accru de maladies chroniques.

Peut-on vraiment effacer les effets de l’obésité ? spukkato / istock




L'ESSENTIEL
  • L’obésité laisse une empreinte durable dans le système immunitaire.
  • Cette mémoire peut persister jusqu’à dix ans après une perte de poids.
  • Elle maintient un risque accru de maladies malgré un poids normal.

Même après une perte de poids réussie, le corps n’oublierait pas totalement l’obésité. C’est ce que révèle une étude européenne publiée dans EMBO Reports, qui met en lumière une "mémoire" persistante au cœur du système immunitaire. Cette découverte pourrait expliquer pourquoi certaines maladies associées à l’obésité continuent de menacer, même des années après un retour à un poids normal.

Une mémoire inscrite dans les cellules immunitaires

Au cœur de ces travaux : les lymphocytes T auxiliaires (CD4+), des cellules clés de l’immunité. Les chercheurs, dirigés par le professeur Claudio Mauro de l’Université de Birmingham (Royaume-Uni), montrent que ces cellules conservent une trace de l’obésité via un mécanisme appelé méthylation de l’ADN. Concrètement, des "marqueurs" chimiques se fixent sur l’ADN et modifient durablement leur fonctionnement. "Les résultats suggèrent que la perte de poids à court terme ne réduit pas immédiatement le risque de certaines maladies associées à l’obésité", explique Claudio Mauro dans un communiqué. Selon lui, cette mémoire pourrait persister entre cinq et dix ans après la perte de poids.

Cette "empreinte" biologique perturbe plusieurs fonctions essentielles. Elle affecte notamment l’autophagie, un processus par lequel les cellules éliminent leurs déchets, et la sénescence immunitaire, c’est-à-dire le vieillissement du système immunitaire. La Dre Belinda Nedjai, du Queen Mary University of London, souligne : "Nos travaux montrent que l’obésité est associée à des modifications épigénétiques durables qui influencent le comportement des cellules immunitaires." Autrement dit, le corps garde une trace moléculaire des expositions passées, ce qui pourrait prolonger les risques de maladies comme le diabète de type 2 ou certains cancers.

Vers de nouvelles pistes thérapeutiques ?

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé des échantillons sanguins et tissulaires issus de plusieurs groupes : patients obèses, personnes atteintes du syndrome d’Alström, participants à des programmes d’exercice et volontaires sains. Des modèles animaux ont également été utilisés pour comprendre les mécanismes en jeu. Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies : certains traitements, comme les inhibiteurs de SGLT2, pourraient aider à accélérer l’effacement de cette mémoire immunitaire en réduisant l’inflammation.

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