- Une molécule découverte chez le python pourrait réguler l’appétit.
- Elle montre des effets prometteurs sur la perte de poids chez la souris.
- Des recherches restent nécessaires pour confirmer son efficacité chez l’humain.
Une molécule de serpent pourrait-elle révolutionner le contrôle de l’appétit ? Cette approche inédite, présentée dans la revue Nature Metabolism, émerge aujourd’hui des laboratoires américains. Une molécule découverte chez le python pourrait en effet ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de perte de poids, sans les effets secondaires souvent associés aux traitements actuels.
Un signal naturel de satiété
Le python, qui peut atteindre jusqu’à sept mètres de long, fascine les scientifiques depuis longtemps, selon la recherche relayée par Euronews. Capable d’ingérer des proies entières, comme une antilope ou un alligator, puis de rester des mois sans manger, ce serpent constricteur présente une résistance exceptionnelle aux effets négatifs du jeûne. C’est en étudiant ce métabolisme unique que l’équipe de la professeure Leslie Leinwand, à l’Université du Colorado Boulder, a identifié une molécule clé : la para-tyramine-O-sulphate, ou "pTOS".
Après un repas, le cœur du python augmente de 25 % et son métabolisme s’accélère jusqu’à 4.000 fois. Dans le même temps, le taux de pTOS dans son sang explose, multiplié par plus de 1.000. Chez l’humain, cette molécule existe aussi, mais son augmentation reste modérée : entre deux et cinq fois.
Le rôle du pTOS est de signaler au cerveau que l’organisme a suffisamment mangé. Il est produit à partir de la tyrosine, un acide aminé transformé par les bactéries intestinales en tyramine, puis converti par le foie en pTOS. Cette molécule agit comme un messager de satiété. Un mécanisme qui rappelle celui du GLP-1, une hormone ciblée par des médicaments amaigrissants comme Ozempic ou Wegovy. Sauf que ces traitements peuvent entraîner des effets secondaires digestifs. Le pTOS, lui, pourrait offrir une alternative plus naturelle, bien que les recherches n’en soient qu’à leurs débuts.
Une molécule qui fait perdre du poids
Des expériences réalisées chez des souris montrent que l’administration de pTOS réduit la consommation alimentaire et entraîne une perte de poids, sans affecter significativement l’activité, la glycémie ou la dépense énergétique. Ce sont donc des résultats prometteurs pour la recherche sur l’obésité, mais sur le rôle crucial du microbiote intestinal dans la régulation de l’appétit.
Si la piste d’un futur traitement inspiré du python est prometteuse, l’étude montre toutefois quelques limites. D’une part, les effets chez l’humain restent inconnus, et d’autre part, le signal de satiété pourrait être altéré chez les personnes atteintes de prédiabète ou de diabète de type 2.



