- Une étude montre que les risques découlant d'une obésité sont différents selon les sexes.
- Les hommes obèses sont plus susceptibles d'avoir de la graisse abdominale et des problèmes hépatiques.
- Les femmes obèses semblent plus à risque de développer une inflammation chronique et du cholestérol.
Les femmes et les hommes ne réagissent pas de la même manière à l’obésité. Et non, nous ne parlons pas ici du point de vue psychique ou sociétal, mais bien physique. Une nouvelle étude qui sera présentée au congrès européen de l’obésité organisé à Istanbul du 12 au 15 mai révèle que les risques liés à l’obésité diffèrent selon les sexes.
Obésité : des risques différents chez les hommes et les femmes
Afin d’établir précisément les profils cardiométaboliques et inflammatoires des personnes obèses en fonction du sexe, les chercheurs ont repris les dossiers de 886 femmes (âge moyen 45 ans) et de 248 hommes (âge moyen 41 ans) ayant fréquenté la clinique de l'obésité du département de médecine interne de la faculté de médecine de l'université Dokuz Eylul (Turquie) entre 2024 et 2025 et ont comparé les données médicales : IMC, poids, taille, pression artérielle, taux de cholestérol… Les marqueurs biochimiques de la fonction hépatique et rénale ainsi que les paramètres inflammatoires ont également été évalués.
Les analyses ont révélé que les hommes obèses semblent plus susceptibles de développer une accumulation de graisse abdominale (ou viscérale), un facteur clé de risque pour la santé cardiovasculaire et métabolique. Ils étaient aussi plus à risque de présenter un taux élevé d’enzymes hépatiques, un indicateur de lésions au foie. Ce qui augmente les risques de troubles hépatiques.
De leur côté, les femmes obèses paraissent plus enclines à développer une inflammation systémique et un taux de cholestérol élevé, pouvant entraîner des pathologies cardiaques et un diabète de type 2.
Si des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre l’origine de ces différences entre les sexes Dr Zeynep Pekel, auteure principale de l’étude et chercheuse à l’Université Dokuz Eylul d’Izmir avancent qu’elles sont "probablement influencées par des facteurs biologiques tels que les hormones, les réponses immunitaires et la répartition des graisses."
Obésité : personnaliser la prise en charge en fonction du sexe
Pour la scientifique et son équipe, leur étude pourrait aider à mieux prendre en charge les personnes souffrant d’obésité ainsi que les risques liés à leur trouble.
"Nos résultats révèlent des différences fascinantes dans la façon dont les hommes et les femmes réagissent à l’obésité", souligne la Dr Zeynep Pekel dans un communiqué. "Ils démontrent l’importance cruciale de la recherche spécifique au sexe. Non seulement les différences liées au sexe jouent un rôle déterminant dans la pathologie et l’évolution de l’obésité, mais nos résultats indiquent que ces différences pourraient constituer un tremplin vers la mise au point de thérapies ciblées et adaptées au sexe, afin d’améliorer la prise en charge des personnes obèses."



