- Les aliments ultra-transformés dominent l’alimentation, surtout chez les enfants.
- Leur consommation est liée à de nombreuses maladies.
- Des associations demandent un encadrement strict du marketing et un meilleur étiquetage.
"Biscuits, sodas, céréales sucrées, nuggets, chips... En quelques décennies, les aliments ultra-transformés ont envahi les supermarchés. Ils représentent aujourd'hui près de 60 % de l'offre alimentaire en France et près de 50 % des calories consommées par les enfants." Dans une pétition lancée ce mercredi, les associations Yuka, foodwatch et France Assos Santé alertent sur les effets délétères de la malbouffe sur notre santé. Elles réclament un encadrement strict, notamment pour protéger les plus jeunes, alors que selon 60 Millions de consommateurs, 8 produits sur 10 destinés aux enfants sont ultra-transformés.
Un marketing qui cible directement les enfants
Ces aliments industriels, riches en sucres, graisses et additifs, sont depuis longtemps associés à un risque accru d’obésité, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, de cancers et même de dépression, comme l’a confirmé une vaste analyse publiée dans The Lancet en 2025. Julie Chapon, cofondatrice de Yuka, souligne au micro de RMC : "Ce sont des produits qui contiennent des ingrédients que l’on n’aurait pas dans sa cuisine", citant par exemple le sirop de glucose-fructose à la place du sucre classique.
Mais pour les associations, le problème ne se limite pas à la composition des produits : le marketing joue un rôle central."Les stratégies de l’agro-industrie sont permissives, insidieuses et envahissantes", dénonce Audrey Morice (foodwatch) auprès du Dauphiné libéré. Selon la pétition, "ces produits sont massivement promus, souvent via des pratiques rappelant celles du tabac". Publicités, influenceurs, mascottes sur les emballages : tout est conçu pour séduire les plus jeunes. "Les enfants manquent du recul critique pour identifier l'intention commerciale d'un emballage ludique, ce qui crée un fort attachement émotionnel à la marque et contribue ensuite à façonner durablement leurs goûts pour des produits ultra-sucrés, gras ou salés", écrivent les associations.
Quelles solutions pour mieux protéger les consommateurs ?
Face à ce constat, une pétition a été lancée pour réclamer des mesures concrètes : interdiction de la publicité visant les mineurs, encadrement des influenceurs, suppression des stratégies marketing trompeuses et mise en place d’un étiquetage clair. Les associations proposent ainsi "un étiquetage obligatoire en face avant des emballages et un bandeau noir (adjoint) au Nutri-Score pour tous les produits qui sont ultra-transformés", affirme Julie Chapon.
Certains pays ont déjà agi. Le Royaume-Uni interdit les publicités pour les produits trop gras, sucrés ou salés avant 21 heures, tandis que le Portugal limite fortement leur promotion auprès des moins de 16 ans. Le mois dernier, en France, une première étape a été franchie avec l’interdiction des sucres ajoutés pour les moins de trois ans.


