- En cas de stress ou d'anxiété, on peut avoir la sensation de ne pas reconnaître notre environnement habituel.
- Cette mise à distance qui soulage le cerveau peut donner l'impression de vivre dans un rêve.
- Parler de ce que l'on ressent à un proche peut dans ce cas être rassurant.
Avez-vous déjà eu l’impression, lors d’un pic d’anxiété ou d’une période de grande fatigue, que le monde autour de vous devenait étrange, comme si vous étiez légèrement déconnecté de la réalité ? Ce phénomène de "déréalisation" ou de "dépersonnalisation" peut être impressionnant, mais il est généralement temporaire et correspond souvent à une réaction de protection du cerveau face à une surcharge émotionnelle.
Un mécanisme de protection du cerveau
Quand l’intensité des émotions ou du stress devient trop importante, le cerveau est capable d'activer une sorte de "disjoncteur" de sécurité pour éviter que l’organisme ne soit submergé. Le sentiment d’irréalité est alors une forme d’anesthésie psychique légère, qui permet de mettre un peu de distance avec ce qui est vécu comme trop intense.
Dans certaines situations de vie (une annonce difficile, une surcharge professionnelle ou un conflit important par exemple), cette mise à distance peut donner l’impression d’être dans un rêve ou d’observer la scène de l’extérieur. Même si cette sensation peut surprendre, elle est en réalité une stratégie temporaire du cerveau pour protéger l’équilibre émotionnel et créer un espace tampon.
Quand le corps et le stress modifient nos perceptions
Au-delà du mécanisme psychologique, le stress agit aussi sur le plan physique. Quand une personne est en état d’alerte prolongé, l’organisme libère des hormones comme l’adrénaline et le cortisol qui mobilisent l’énergie pour faire face à une situation perçue comme menaçante. Le problème, c’est qu’elles peuvent aussi modifier temporairement la façon dont nos sens fonctionnent.
Il arrive alors que la perception devienne inhabituelle : les sons semblent plus lointains, les couleurs moins vives ou l’environnement légèrement irréel, comme un « brouillard » mental ou une impression d’être en pilote automatique. Ces sensations ne veulent pas dire qu'il y a une vraie perte de contact avec la réalité, elles traduisent plutôt le fait que le cerveau concentre ses ressources sur la gestion du stress plutôt que sur une analyse précise de l’environnement.
Retrouver un sentiment d’ancrage et d’apaisement
Quand ces sensations apparaissent, l’inquiétude peut parfois les amplifier, avec cette idée de "perdre le contrôle" ou d’avoir un problème grave de santé. Pourtant, dans la majorité des cas, le sentiment d’irréalité disparaît progressivement quand le niveau de stress diminue.
Une attitude bienveillante envers soi-même, en se rappelant que ces sensations sont fréquentes et passagères, permet déjà de réduire la peur qu’elles suscitent. Parler de ce que l’on ressent à un proche ou à un professionnel peut également être très rassurant.
Des gestes simples peuvent aussi favoriser ce retour à l’ancrage : ralentir le rythme, se concentrer sur sa respiration, marcher ou reprendre contact avec des activités familières. Ces moments de recentrage permettent au système nerveux de sortir progressivement de l’état d’alerte et de retrouver un fonctionnement plus apaisé.
En savoir plus : "Déréalisation, dépersonnalisation : comment je m'en suis sortie " de Chloe A. Simons.


