- Grâce à l'imagerie, des chercheurs ont pu identifier 3 formes de TDAH.
- Cela pourrait expliquer pourquoi les patients présentent des symptômes si différents.
- Cette découverte pourrait aider à améliorer la prise en charge des patients.
Selon les estimations, environ 2 millions de personnes souffrent d’un TDAH en France. Les symptômes de ce trouble du neurodéveloppement varient beaucoup d’un patient à l’autre. Certains ont surtout des difficultés à se concentrer, d’autres ne parviennent pas à ne pas bouger ou encore se montrent très impulsifs. Ce tableau clinique très varié complique grandement la prise en charge.
Et si tout simplement, il n'y avait pas un TDAH, mais plusieurs formes du trouble ? C’est ce qu’avance une nouvelle étude d’imagerie cérébrale publiée dans JAMA Psychiatry fin février.
TDAH : trois sous-types différents découvert grâce à l’imagerie
Les chercheurs ont étudié les scanners de 446 enfants atteints de TDAH, et plus précisément leur matière grise. Ils ont alors identifié trois sous-types distincts qui présentaient des profils cliniques et neuronaux uniques :
- Le biotype "sévère-combiné avec dérégulation émotionnelle" : il se caractérise par des altérations généralisées du cortex préfrontal médial et le pallidum. Ces circuits cérébraux sont connus pour être impliqués dans la régulation des émotions. Les personnes touchées présentaient des scores élevés d'inattention et d'impulsivité. Elles affichaient aussi une dérégulation émotionnelle très prononcée.
- Le biotype "principalement hyperactif/impulsif": sur les scanners, il se repère par des altérations du cortex cingulaire antérieur-circuit pallidum. Les enfants de ce groupe avaient peu de problèmes d'inattention par rapport aux autres sous-types. Par contre, ils avaient des difficultés pour réguler leur inhibition.
- Le biotype "principalement inattentifs" : il se distingue par des altérations du gyrus frontal supérieur. Les enfants de ce groupe ont principalement montré de l'inattention. Ils avaient peu de signes d'hyperactivité.
Une meilleure compréhension du TDAH
Pour les chercheurs chinois et australiens qui ont mené l’étude, identifier ces trois biotypes distincts de TDAH "avec des profils cliniques-neuronaux uniques" aide à faire "progresser la compréhension de la complexité neurobiologique du TDAH". Ils ajoutent que cela "jette les bases d'une gestion personnalisée" du trouble.
Cette découverte pourrait ainsi aboutir à l'amélioration de la prise en charge des patients et le développement de nouveaux traitements.



