- Une étude américaine met en lumière la prédominance des aliments ultra-transformés dans l'offre pour bébés.
- Ces produits riches en additifs, sucres et sel, inquiètent les spécialistes pour leurs effets à long terme.
- Les chercheurs plaident pour renforcer l'étiquetage et la réglementation des aliments pour bébés.
Pas moins de 71 % des aliments pour bébés vendus dans les supermarchés américains sont ultra-transformés. C’est la conclusion alarmante d’une nouvelle étude publiée dans la revue Nutrients, qui montre que ces produits industriels dominent les rayons - outer-Atlantique mais aussi en France - alors même que les scientifiques s'accordent à en souligner les risques pour la santé des tout-petits.
Un marché dominé par les repas tout préparés
La recherche, menée par le George Institute for Global Health, a passé au crible 651 aliments pour nourrissons et jeunes enfants, disponibles dans les dix plus grandes chaînes de distribution aux États-Unis. Le constat est sans appel : les aliments ultra-transformés (selon la classification NOVA, qui prend en compte la transformation industrielle des denrées) envahissent les assiettes des bébés. En tête de liste, les snacks (94 %), les grands formats (86 %) et les gourdes (compotes, yaourts... 73 %) sont les plus concernés. Un succès commercial dopé par la recherche de praticité, avec une hausse de 900 % des ventes de gourdes depuis 2010, et par le marketing promettant des repas à la fois rapides et nutritionnels.
Nutritionnels ? Les aliments ultra-transformés se distinguent pourtant par leur richesse en sucres ajoutés (14 g pour 100 g en moyenne, contre 7,3 g pour les produits non transformés), en sel (70 mg contre 41 mg) et en calories. Pire encore, plus de 105 additifs différents ont été identifiés, dont des exhausteurs de goût (36 % des produits), des épaississants (29 %), des émulsifiants (19 %) et des colorants synthétiques (19 %), déjà controversés en Europe. Des ingrédients qui peuvent "altérer le fonctionnement intestinal ou affecter le comportement des enfants", explique la chercheuse Elizabeth Dunford, qui a participé à l’étude, dans un communiqué du George Institute for Global Health.
L'urgence de mieux informer les parents
"La petite enfance est une période cruciale pour façonner les habitudes alimentaires", prévient la spécialiste. Or, une alimentation riche en aliments ultra-transformés peut induire une préférence durable pour les produits sucrés et salés, et accroître les risques métaboliques et cardiovasculaires à long terme. D'où l'urgence, selon les scientifiques, de renforcer l'étiquetage et la réglementation des aliments pour bébés. Les dernières directives alimentaires américaines incluent d'ailleurs pour la première fois des recommandations explicites d'éviter les produits hautement transformés chez les nourrissons. En attendant, le meilleur conseil reste, selon Elizabeth Dunford, de "lire attentivement la liste des ingrédients : si un nom vous est inconnu, mieux vaut reposer le produit".


