- La HAS classe la psychanalyse parmi les approches "non recommandées" pour l’autisme.
- Elle privilégie des interventions développementales et comportementales précoces.
- Les familles et l’inclusion scolaire sont placées au cœur du parcours.
La psychanalyse doit-elle tourner la page face à l’autisme ? Dans de nouvelles recommandations publiées le 12 février, la Haute Autorité de Santé (HAS) classe désormais cette approche parmi les thérapies "non recommandées" en raison d’un manque de preuves de son efficacité. Cela marque un tournant dans un débat ancien et sensible.
Une position plus ferme de la HAS
Jusqu’alors considérée comme "non consensuelle", la psychanalyse est désormais explicitement écartée par la HAS, qui affirme ne retenir que des "approches fondées sur les données scientifiques rigoureuses". Selon l’institution, les approches psychanalytiques reposent sur des "études d’un niveau de preuve insuffisant".
Ces recommandations – les premières d’une telle ampleur depuis 2012 – interviennent dans un contexte de polémique. A l’automne, le président de la HAS, Lionel Collet, s’était prononcé pour rendre certaines recommandations "opposables", "en particulier dans le champ de l’autisme". Dans un communiqué, des organisations de soignants avaient dénoncé une atteinte à la "pluralité des approches". De leur côté, la majorité des associations de familles et de patients voudraient voir la psychanalyse exclue de la prise en charge de l’autisme.
Le trouble du spectre de l’autisme (TSA), qui concerne entre 1 et 2 % de la population selon les études, se manifeste dès la petite enfance par des difficultés de communication et des comportements répétitifs. La HAS recommande donc d’intervenir dès les premiers signes, y compris lorsqu’il s’agit d’un nourrisson, sans attendre la confirmation du diagnostic.
Familles et inclusion au cœur du parcours
Les interventions préconisées par la HAS sont dites "développementales et comportementales". Elles ciblent la communication, les habiletés sociales, la motricité ou la sensorialité, et doivent être adaptées au profil de chaque enfant. Une évaluation annuelle, menée avec les parents, est recommandée afin de mesurer les effets et "l’acceptabilité" de la prise en charge. A l’inverse, sont à proscrire la psychanalyse, mais aussi d’autres approches comme la méthode Snoezelen, le neurofeedback ou encore le Packing.
Au-delà des soins, la HAS plaide pour que les familles s’impliquent davantage dans le parcours de l’enfant. Leur "expertise d’usage" étant reconnue comme essentielle, elles sont invitées à co-construire un projet personnalisé centré sur les besoins du petit. L’école, les loisirs et la culture doivent aussi faire partie intégrante de l’accompagnement. L’institution recommande ainsi une scolarité adaptée et continue, ainsi qu’une meilleure formation des professionnels de l’éducation aux troubles du neurodéveloppement. Objectif : favoriser "l’autodétermination" et "la participation sociale" des enfants et adolescents autistes.



