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Autisme : une épidémie de troubles du développement de l’enfant
Autisme : une épidémie de troubles du développement de l’enfant
Publié le 02.04.2018
Autisme : une épidémie de troubles du développement de l’enfant
KatarzynaBialasiewicz/iStock

Autisme : DIAGNOSTIC

Quand faut-il évoquer un autisme ?

Les premiers signes évocateurs de l’autisme apparaissent le plus souvent entre 18 et 36 mois.
L'autisme passe souvent inaperçu dans la petite enfance. Cependant, certains signes peuvent alerter les parents dés l’âge de 18 mois : l’enfant est trop calme ou au contraire trop excité. Il semble indifférent au monde sonore et aux personnes qui l’entourent. Il ne répond pas à son prénom, ne montre pas ses émotions et fuit le regard. Il ne réagit pas (ou peu) aux séparations et aux retrouvailles. Il ne sourit pas (ou rarement) et reste silencieux. Il ne se reconnaît pas dans un miroir. Il a des troubles de la marche sans cause physique. Il ne joue pas à faire « coucou » et ne cherche pas à imiter les adultes. Il ne parle pas, n’arrive pas à répéter les mots et ne comprend pas les nouveaux mots. Il développe des comportements répétitifs (reproduit toujours le même geste) et s’intéresse à un nombre très restreint d’objets. Il ne joue pas de façon adaptée et souvent se contente d’aligner ses jouets. Il a des troubles du comportement alimentaire (ne mange qu’un seul aliment).
Tout retard dans son développement et/ou toute anomalie dans son comportement, seul ou avec les autres, doit faire rechercher un autisme.
C’est généralement lors de l’entrée en crèche, à l’école, ou à la garderie que les manifestations sont les plus importantes, lorsque l’enfant a des difficultés lors des interactions sociales, de la communication et du comportement.

Avec quoi peut-on confondre l’autisme ?

Même si l’autisme n’est plus considéré comme une maladie mentale, il est souvent confondu avec d’autres troubles psychiatriques comme la « psychose infantile » avec des hallucinations visuelles et auditives, le retard mental qui peut engendrer des troubles des relations sociales, le « syndrome de Rett », maladie génétique rare qui touche plutôt les filles, où développement est normal jusqu’à l’âge de six mois puis l’enfant régresse et des signes autistiques apparaissent, le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) à cause des troubles de l’attention, de la concentration et du comportement qui entrainent parfois des troubles relationnels avec les autres enfants.
Des maladies physiques peuvent aussi être évoquées face à un autisme : épilepsie bien sûr, mais aussi surdité, cécité, hydrocéphalie, maladies métaboliques.
Un examen clinique et un bilan psychologique complet est nécessaire pour conclure à un autisme. Le diagnostic ne peut être fait qu’après avoir éliminé les autres causes possibles des différents signes.

Quand faut-il consulter un médecin ?

La première consultation survient généralement suite aux inquiétudes des parents face à des signes étranges concernant le développement de leur enfant.
Le médecin traitant ou le pédiatre peuvent réaliser les premiers examens physiques et psychologiques à la recherche d’une autre cause. Le diagnostic d’autisme se fera par élimination des causes qui peuvent être à l’origine des différents signes de l’enfant.
Plus le diagnostic est précoce, et plus la prise en charge permet d’améliorer certains signes. Il est donc préférable de consulter sans retard en cas de doute sur le comportement et le développement de l’enfant.
La démarche diagnostique fera ensuite intervenir toute une équipe de professionnels (orthophoniste, psychiatre, généticien, ORL, ophtalmologue, neurologue) et le CRA (Centre Ressource Autisme) le plus proche.

Comment faire le diagnostic d’autisme ?

Le diagnostic d’autisme est difficile à établir. Il est essentiellement clinique. Aucun marqueur biologique, ni test prénatal n’est disponible.
Il repose sur des observations du comportement de l’enfant en fonction de son âge ainsi que sur les entretiens avec les parents. Même si certains signes peuvent alerter dans les premiers mois de vie, le diagnostic n’est cependant fiable qu’à partir de l’âge de 2 ans.
Après un examen clinique complet, différents examens permettent de confirmer le diagnostic. Des examens pour éliminer les autres maladies d’abord : tests de langage en fonction de l’âge, bilan orthophonique en cas d’absence ou d’anomalie de la communication, évaluation de l’audition et de la vue, IRM du cerveau dans certains cas, recherche de maladies génétiques, examens métaboliques, électroencéphalogramme en cas d’épilepsie.
Des examens spécialisés sont ensuite nécessaires : tests psychomoteurs (activités stéréotypées, motricité, schéma corporel, agilité, développement moteur, marche), tests neuropsychologiques pour apprécier les compétences cognitives (mémoire, attention). Certains tests comme le M-CHAT sont disponibles dés l’âge de 18 mois, et d’autres plus tard comme l’ADOS ou l’ADI-R, tests de communication (compréhension, expression, mimiques, gestualité, jeu avec d’autres enfants du même âge).
Le diagnostic peut être évoqué par le médecin traitant mais il n’est confirmé qu’après la réalisation de l’ensemble de l’évaluation par un pédopsychiatre du centre de diagnostic appelé « Centre Ressource Autisme » (CRA) situé, en général, au sein des CHU (Centre Hospitalier Universitaire). Ces centres sont composés d’une équipe pluridisciplinaire spécialisée et formée au diagnostic, à l’orientation et au suivi de l’autisme.
D’après le DSM (Manuel Diagnostique et Statistique des maladie mentales), pour faire le diagnostic d’autisme, il faut à la fois la présence d’altérations dans les interactions sociales, de troubles du comportement avec des activités et des centres d'intérêt restreints, des stéréotypies et des comportements répétitifs, dans certains cas des troubles de la communication verbale et non verbale (ce n’est pas le cas pour le syndrome d’Asperger par exemple). Ces problèmes doivent être permanents et présents dans tous les domaines de la vie quotidienne et dans toutes les situations.

Quels sont les centres de diagnostic de l’autisme ?

La France s’est dotée depuis 2005 de « Centres Ressources Autismes » (CRA) répartis un peu partout sur le territoire avec un centre par région au sein des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU). Il s'agit de structures médico-sociales publiques destinées aux proches et aux personnes présentant un trouble du spectre autistique. L’équipe pluridisciplinaire est composée de médecins (pédopsychiatres, neurologues), infirmiers, assistants sociaux, éducateurs, orthophonistes ou psychomotriciens.
Les CRA servent de centre de référence régional et ont pour mission de diagnostiquer, évaluer et orienter les enfants autistes vers une prise en charge, informer et conseiller les parents et leurs proches, ainsi que travailler en collaboration avec les professionnels de santé et de l'éducation au contact des personnes autistes.

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