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Politiques anti-tabac : la fin programmée de la cigarette ?

Au Royaume-Uni, une loi interdisant la vente de tabac aux jeunes pourrait générer 88.000 années de vie en bonne santé supplémentaires d’ici 2075, selon les prévisions. En France aussi, les politiques de lutte contre la cigarette semblent avoir un impact.

Politiques anti-tabac : la fin programmée de la cigarette ? Agung Putu Surya Purna Kristyawan / istock




L'ESSENTIEL
  • Le Royaume-Uni envisage d’interdire la vente de tabac aux générations nées après 2009.
  • Les modélisations prévoient des milliers d’années de vie en bonne santé supplémentaires.
  • En France, la baisse du tabagisme confirme l’efficacité des politiques publiques.

Et si les enfants nés aujourd’hui ne fumaient jamais de leur vie ? Au Royaume-Uni comme en France, les politiques anti-tabac s’intensifient avec un objectif : celui d'une génération sans cigarette. Pour rappel, le tabac fait plus de 7 millions de morts chaque année, dont 1,6 million de non-fumeuses et non-fumeurs qui sont involontairement exposés à la fumée du tabac, selon les estimations de l'OMS.

Le Royaume-Uni vers une interdiction du tabac aux plus jeunes

Du côté britannique, un projet de loi prévoit d’interdire définitivement la vente de tabac à toute personne née à partir du 1er janvier 2009, rapporte Euronews. Chaque année, l’âge légal augmenterait d’un an, afin de "rompre le cycle de l’addiction". Selon une modélisation menée par l’Université de Nottingham et financée par le National Institute for Health and Care Research (NIHR), le tabagisme chez les 12-30 ans pourrait ainsi tomber sous les 5 % d’ici la fin des années 2040.

Même avec une hypothèse prudente de baisse de 5 % par an des nouvelles initiations – contre 30 % espérés par le gouvernement –, les bénéfices seraient majeurs : environ 88.000 années de vie en bonne santé supplémentaires d’ici 2075. "Cette modélisation suggère que la loi sur la génération sans tabac pourrait empêcher les jeunes de commencer à fumer", souligne Nathan Davies, auteur principal de l’étude. Les quartiers les plus défavorisés bénéficieraient le plus de cette mesure. Pour Cancer Research UK, cela constitue "une étape historique" pour protéger les générations futures "d’une vie entière d’addiction mortelle et coûteuse".

En France, une baisse historique

La dynamique Outre-Manche est aussi positive en France. Selon Santé publique France, la proportion de fumeurs quotidiens chez les 18-75 ans est passée de 28,6 % en 2014 à 18,2 % en 2024, soit quatre millions de fumeurs en moins. Chez les 18-29 ans, le taux chute à 18 % en 2024, contre 29 % en 2021. Pour le Dr Nicolas Prisse, président de la MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), "la baisse historique du tabagisme [...] montre qu’une politique globale, ambitieuse et continue porte ses fruits". Il faut dire que l’arsenal anti-tabac s’est renforcé : paquet neutre, hausse des prix, Mois sans tabac, interdictions dans les espaces publics ou encore remboursement des traitements. Le Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 vise une génération sans tabac d’ici 2032.

Le tabagisme, première cause de mortalité évitable, reste responsable de 75.000 décès par an en France, soit 13 % des morts, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Il coûte 156 milliards d’euros à la société (vies, qualité de vie et productivité perdues, prévention, répression, soins…).

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