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Oncologie

La pleine conscience, une alternative à certaines anesthésies ?

La pleine conscience pourrait aider les patients à supporter une endoscopie sans anesthésie générale ni sédation.

La pleine conscience, une alternative à certaines anesthésies ? YakobchukOlena/iStock




L'ESSENTIEL
  • La pleine conscience peut être définie comme le fait de porter son attention sur le moment présent délibérément, sans jugement, avec une attitude d’ouverture et d’acceptation.
  • Selon une nouvelle étude, la pleine conscience pourrait aider des patients à supporter une endoscopie, sans anesthésie générale ni sédation.
  • Sur 231 patients ayant subi une endoscopie, 92 % se sont déclarés satisfaits ou très satisfaits de leur expérience.

C’est dans la tête”. Si cette phrase est bien souvent énervante, elle pourrait avoir, cette fois, une connotation très positive. Des chercheurs ont en effet découvert que la pleine conscience pouvait aider les patients à supporter une endoscopie sans anesthésie générale ni sédation. Leurs travaux ont été publiés dans la revue British Journal of Nursing.

L’endoscopie, un examen lourd et difficile pour les patients

Dans cette étude, il s’agit d’une endoscopie des voies aériennes et digestives supérieures (VADS). Durant cet examen, plusieurs tubes rigides sont insérés par la bouche, pour explorer la muqueuse de la bouche, du pharynx, du larynx, de la trachée et de l’œsophage. L’intervention est réalisée par un chirurgien ORL alors que le patient est sous anesthésie générale. Malgré cela, cet examen reste lourd pour le patient, et n’est donc pratiqué qu’en cas de symptômes. L’objectif est d’identifier leur origine et éventuellement prélever des échantillons de tissus pour confirmer ou infirmer la présence d’un cancer. 

Lors de leur étude, les chercheurs ont voulu déterminer si la pleine conscience pouvait permettre de réaliser des endoscopies plus facilement. Pour cela, ils ont créé une équipe dédiée au Queen's Medical Center, à Nottingham, au Royaume-Uni. Ces professionnels devaient accompagner les patients tout au long de l'examen grâce à diverses pratiques de pleine conscience incluant la relaxation, la respiration, des techniques de communication et la visualisation positive. En tout, 231 personnes ont réalisé une endoscopie avec cette équipe, sans anesthésie générale ni sédation.

92 % des patients satisfaits de l’endoscopie en pleine conscience

Ces techniques de pleine conscience donnent au patient un sentiment de contrôle dans ce qui pourrait autrement être une épreuve difficile, explique le professeur Reza Nouraei, l’un des auteurs, dans un communiqué. La pleine conscience a également toute une série d'effets très spécifiques qui procurent une sensation de calme au niveau physiologique. Ces effets vont de la diminution du rythme cardiaque et de la pression artérielle à la disparition de la toux et des nausées avant qu'elles ne s'installent et ne provoquent une gêne.

Résultats, sur les 231 participants : 

  • 92 % se sont dits satisfaits ou très satisfaits de leur expérience; 
  • 12 cancers ont été dépistés;
  • et, un an après l'endoscopie, aucun autre cancer n'a été diagnostiqué, ce qui montre l’efficacité de l’intervention, même sans anesthésie. 

Selon les chercheurs, cette approche pourrait changer la donne en rendant l’endoscopie plus simple à réaliser et plus acceptable pour les patients. En permettant des examens complets sans anesthésie générale, elle pourrait aussi aider les médecins à repérer plus tôt certaines lésions et donc dépister les cancers plus précocément. Un renfort nécessaire car, en France, 15.000 personnes sont touchées chaque année par un cancer ORL, selon l’hôpital Gustave Roussy. L’établissement de santé souligne que le pronostic de ces maladies est souvent sombre à cause d’un diagnostic trop tardif, alors que ceux pris en charge à un stade précoce présentent un taux de survie de 80 à 90 %.

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