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Perte de poids

Analogues du GLP-1 : pourquoi sont-ils plus efficaces chez certains patients ?

Des chercheurs expliquent les différences de réponse aux médicaments à base de GLP-1, indiqués en cas de diabète et d’obésité.

Analogues du GLP-1 : pourquoi sont-ils plus efficaces chez certains patients ? Alones Creative/iStock




L'ESSENTIEL
  • Certains variants génétiques, notamment dans les gènes GLP1R et GIPR, influencent l’efficacité (perte de poids) des analogues du GLP-1.
  • En outre, ces gènes sont liés aux effets secondaires (nausées, vomissements), avec un effet du gène GIPR spécifique au tirzépatide (Mounjaro).
  • Face à ces résultats, les chercheurs suggèrent que des tests génétiques peuvent aider à personnaliser les traitements.

Ozempic, Wegovy, Moujaro… En prenant ces traitements, certains patients diabétiques ou obèses maigrissent et d’autres pas. Le même phénomène est observé pour les effets secondaires. "Si la plupart des participants aux essais cliniques perdent plus de 10 % de leur poids corporel, environ un sur dix perd moins de 5 % et est considéré comme non-répondeur. La tolérance est également très variable : au moins un utilisateur sur trois présente des effets indésirables, tels que nausées, vomissements, diarrhée ou constipation, tandis que d'autres n'en rapportent que très peu, voire aucun", ont précisé des chercheurs du 23andMe Research Institute (États-Unis). Mais comment expliquer cela ? Pour percer ce mystère, l’équipe a mené une étude, parue dans la revue Nature, au cours de laquelle elle a exploré les bases génétiques de cette variabilité. Au total, 27.885 personnes ayant pris des analogues du GLP-1 ont été recrutées.

Analogues du GLP-1 : des prédicteurs génétiques de l'efficacité et des effets secondaires

Après avoir analysé les marqueurs génétiques, les témoignages des participants et pris en compte des facteurs démographiques, les auteurs ont constaté que les variations génétiques ciblées par ces médicaments expliquent les différences de réponse aux traitements. Chez certains volontaires, une variant faux-sens, une petite modification de la séquence génique qui altère la protéine produite, dans le gène GLP1R a été identifié. Ce variant est associée à une efficacité accrue des traitements, plus précisément à perte de poids supplémentaire attendue de − 0,76 kg. Les recherches ont mis en évidence des associations entre les variations des gènes GLP1R et GIPR et les nausées ou vomissements induits par les médicaments à base de GLP-1. "Le lien avec le GIPR étant limitée aux personnes utilisant le tirzépatide. (…) Ce modèle démontre la capacité de stratifier les patients en fonction de l’efficacité de la perte de poids et du risque de certains effets secondaires."

Vers des tests génétiques pour orienter les stratégies thérapeutiques ?

Selon les auteurs, ces découvertes ouvrent la voie à des approches plus personnalisées dans le traitement de l’obésité, laissant entrevoir un avenir où les tests génétiques pourraient contribuer à orienter les stratégies thérapeutiques. "Les décisions relatives au traitement par analogues du GLP-1 sont complexes et l'accès à une expertise clinique pour contextualiser vos résultats génétiques et votre état de santé général est précisément le type d'accompagnement que ce rapport vise à fournir", ont-ils conclu.

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