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Obésité

Analogue GLP-1 : bientôt un comprimé pour en finir avec les injections ?

Un essai clinique de phase II sur l'élécoglipron, un analogue du GLP-1, à prendre par voie orale une fois par jour, présente des résultats prometteurs.

Analogue GLP-1 : bientôt un comprimé pour en finir avec les injections ? choi dongsu/iStock




L'ESSENTIEL
  • Des scientifiques ont testé l’efficacité et la sécurité de l’élécoglipron, un analogue du GLP-1, pris par voie orale une fois par jour sans restriction alimentaire ni hydrique.
  • Les patients obèses ou en surpoids prenant la dose la plus élevée (75 mg) ont perdu en moyenne 11,8 % de leur poids corporel en 36 semaines, tandis que les personnes sous placebo perdaient beaucoup moins.
  • Le traitement a aussi montré des améliorations de certains marqueurs de santé (glycémie, pression artérielle, inflammation), avec des effets secondaires principalement digestifs (nausées, diarrhées, constipation, vomissements), généralement légers à modérés.

Perdre du poids sans injection, c’est le rêve des personnes craignant les aiguilles mais ayant besoin des analogues du GLP-1 pour traiter leur obésité, qui augmente le risque de maladies chroniques (diabète de type 2, pathologies cardiovasculaires…). Celui-ci va sans doute devenir réalité, selon des chercheurs américains, britanniques et suédois. Dans le cadre d’une étude, publiée dans la revue The Lancet, ces derniers ont évalué l'efficacité, la sécurité et la tolérance de l'élécoglipron, un analogue oral du GLP-1 par rapport à un placebo.

Afin de mener à bien les travaux, l’équipe a recruté 360 personnes, âgées de plus de 18 ans, dans des centres de recherche médicale et des hôpitaux en Australie, au Canada, en Allemagne, au Japon, à Taïwan, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Les participants présentaient une obésité (IMC ≥ 30 kg/m²) ou un surpoids (IMC ≥ 27 kg/m²) associé à au moins une pathologie liée au poids, sans diabète de type 2. Leur poids moyen était de 106,9 kg. Dans le cadre de l’essai clinique de phase II, les volontaires ont reçu soit différentes doses d’élécoglipron (5 mg, 15 mg, 50 mg, 75 mg), soit un placebo. L'élécoglipron, sous forme de comprimés, devait être pris une fois par jour, à tout moment de la journée, sans restriction alimentaire ni hydrique. La dose quotidienne de 50 mg a été évaluée avec une augmentation de dose toutes les quatre semaines, tandis que celle de 75 mg a été évaluée avec une augmentation de dose hebdomadaire ou toutes les deux semaines pendant 36 semaines.

Obésité : cet analogue oral du GLP-1 a permis une perte de poids dépendante de la dose

À la 26ème semaine, les patients prenant 5 mg d'élécoglipron avaient perdu en moyenne 2,6 % de leur poids initial. Ceux prenant 75 mg avaient perdu 10,5 % de leur poids et ont ainsi atteint un niveau de perte de poids souvent indiqué dans les recommandations médicales pour réduire le risque de maladies liées à l'obésité. Dans le groupe 75 mg, la perte de poids s'est poursuivie, atteignant 11,8 % à la 36ème semaine. La proportion estimée de volontaires ayant atteint une réduction pondérale d'au moins 5 % à la 26ème semaine était de 40,4 % à 88,8 % sous élécoglipron, contre 15,6 % sous placebo. Au-delà de la perte de poids, le comprimé a également entraîné des améliorations de la pression artérielle et des marqueurs de l'inflammation, comme la protéine C-réactive.

D’après les résultats, des effets indésirables ont été rapportés par 84 % à 98 % des participants ayant reçu l’élécoglipron (toutes doses confondues), contre 84 % dans le groupe placebo. Les plus fréquents étaient les nausées, la constipation, la diarrhée, les céphalées et les vomissements. Ces effets étaient d'intensité légère à modérée et surtout perceptibles en début de traitement, le temps que le patient s'habitue au médicament.

"Un comprimé à prendre une fois par jour pourrait permettre une utilisation plus précoce"

"Bien que ces effets ne soient pas encore aussi puissants que ceux des traitements injectables les plus efficaces, ils sont cliniquement très efficaces et beaucoup plus pratiques. D'un point de vue pratique, un comprimé à prendre une fois par jour pourrait permettre une utilisation plus précoce et plus large des traitements à base des analogues du GLP-1, dont la forme injectable nécessite un transport et un stockage réfrigérés, ce qui augmente leur coût et complexifie leur administration", a déclaré Martin Whyte, professeur de médecine métabolique à l'Université de Surrey. Dans les conclusions, les scientifiques soulignent la nécessité de réaliser des études de phase pour confirmer l’efficacité et l’innocuité de l'élécoglipron à long terme avant son adoption en pratique clinique.

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