- Manger des œufs est associé à un risque réduit d’Alzheimer.
- Les nutriments qu’ils contiennent pourraient protéger le cerveau.
- Mais le lien de causalité reste à confirmer.
Longtemps critiqué pour sa forte teneur en cholestérol, l’œuf retrouve aujourd’hui une place de choix dans notre assiette : non seulement il ne serait pas vraiment mauvais pour le cœur, mais surprise, il pourrait même être bon pour le cerveau. Selon une recherche américaine publiée dans The Journal of Nutrition, manger régulièrement des œufs permettrait en effet de réduire le risque d’Alzheimer.
Le plein de nutriments essentiels pour le cerveau
L’étude, menée par Loma Linda University Health, s’appuie sur les données de près de 40.000 adultes âgés de plus de 65 ans, suivis pendant plus de quinze ans. Au total, 2.858 cas d’Alzheimer ont été diagnostiqués. Et les résultats sont clairs : "Comparé au fait de ne jamais manger d’œufs, en consommer au moins cinq par semaine peut réduire le risque d’Alzheimer", affirme le Pr Joan Sabaté, auteur principal des travaux, dans un communiqué. Les plus grands consommateurs (plus de 5 par semaine) présentent un risque inférieur de 27 %. Même une consommation modérée semble bénéfique : 1 à 3 fois par mois réduit le risque de 17 %, et 2 à 4 fois par semaine de 20 %.
Les scientifiques avancent plusieurs explications biologiques. Les œufs sont riches en choline, essentielle à la production d’acétylcholine, un neurotransmetteur clé pour la mémoire. Ils contiennent aussi de la lutéine et de la zéaxanthine, associées à de meilleures performances cognitives. Le jaune d’œuf apporte également des oméga-3 (DHA), de la vitamine B12 et des phospholipides indispensables au bon fonctionnement des neurones. Des carences en certains de ces nutriments ont été observées chez les patients atteints d’Alzheimer, ce qui renforce la plausibilité du lien.
Prévenir l'Alzheimer par l’assiette ?
Prudence toutefois, car l’étude, observationnelle, ne montre qu’une association, sans prouver un lien de cause à effet. D’autres facteurs liés au mode de vie pourraient en effet influencer les résultats. Mais dans un contexte où la maladie d’Alzheimer touche plus d’un million de personnes en France, avec 225.000 nouveaux cas chaque année selon l’Inserm, cette étude confirme une piste intéressante : celle de la prévention par l’assiette, où les œufs ont toute leur place. "Les recherches antérieures soutiennent l’idée que les œufs font partie d’une alimentation saine", confirme Jisoo Oh, co-autrice.
Rappelons d’ailleurs qu’au-delà de leurs potentiels effets sur le cerveau, les œufs sont de véritables concentrés nutritionnels. Selon l’Anses, 100 grammes d’œuf dur apportent 13,5 g de protéines, essentielles au renouvellement des tissus (muscles, peau, cheveux). Ils fournissent aussi de nombreuses vitamines (B, C, D, E, K) impliquées dans la vision, l’immunité ou le système nerveux. D’après l'UFC-Que Choisir, "deux œufs couvrent 20 à 30 % des besoins quotidiens en fer, iode, sélénium et phosphore". Enfin, ils contiennent des caroténoïdes antioxydants et peuvent être riches en oméga-3. En fonction, bien sûr, de ce que mangent les poules.



