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QUESTION D'ACTU

Aliments ultra-transformés

Fertilité : mieux vaut éviter ces aliments avant de concevoir

La consommation d’aliments ultra-transformés pourrait affecter la fertilité des deux parents et le développement de l’embryon dès les premières semaines, selon une équipe de chercheurs.

Fertilité : mieux vaut éviter ces aliments avant de concevoir Pressmaster / istock




L'ESSENTIEL
  • Les aliments ultra-transformés pourraient affecter la fertilité masculine et le développement de l’embryon.
  • Une croissance embryonnaire plus lente est associée à des risques accrus de prématurité, de faible poids à la naissance ou de maladies cardiovasculaires plus tard dans la vie.
  • Une alimentation plus saine est recommandée avant la conception.

Chips, plats préparés, biscuits, céréales pour enfants... Omniprésents dans nos assiettes, les aliments ultra-transformés sont régulièrement accusés de faire le lit des maladies chroniques, de l’obésité aux pathologies cardiovasculaires, en passant par les troubles neurodégénératifs et les cancers. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Human Reproduction, révèle aujourd’hui que ces produits industriels pourraient également influencer la fertilité, et même le développement de l’enfant dès les premiers jours de vie.

Un impact dès les premiers stades de la vie

Les chercheurs du centre médical Érasme, aux Pays-Bas, ont analysé les données de 831 femmes et 651 hommes dans le cadre du programme Generation R Next. Il apparaît d’abord que, chez les hommes, une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à "un risque plus élevé de sous-fertilité [c’est-à-dire un degré moindre de fertilité masculine au sein du couple] et un délai plus long avant la conception".

Chez les femmes, l’impact est différent. "Nous avons observé que la consommation d’aliments ultra-transformés n’était pas systématiquement liée au délai pour concevoir, mais était associée à une croissance embryonnaire légèrement plus faible" dès les premières semaines, explique la chercheuse Celine Lin, co-autrice de l'étude, dans un communiqué. L’équipe de scientifiques a également observé des embryons plus petits et une vésicule vitelline (structure embryonnaire précoce qui joue le rôle de réservoir nutritif et vasculaire pour l'embryon) réduite.

Même si ces différences restent modestes, elles pourraient avoir des conséquences à long terme, selon les chercheurs. En effet, des études antérieures ont montré qu’une croissance embryonnaire plus lente était associée à des risques accrus de prématurité, de faible poids à la naissance ou de maladies cardiovasculaires plus tard dans la vie. Pour la Dre Romy Gaillard, qui a dirigé les travaux, "ces résultats suggèrent qu’un régime pauvre en aliments ultra-transformés serait préférable pour les deux parents".

Pourquoi les aliments industriels posent problème

Les aliments ultra-transformés sont souvent riches en sucres, sel, graisses et additifs, mais pauvres en nutriments essentiels. Ils représentent environ 30 % de notre alimentation quotidienne en France, mais jusqu’à 50 à 60 % dans certains pays, comme les Etats-Unis. Pour expliquer leur impact sur la fertilité et le développement embryonnaire, les chercheurs avancent plusieurs hypothèses : une qualité nutritionnelle médiocre, la présence d’additifs ou encore l’exposition à des microplastiques (emballages, conditions de fabrication...).

Cette étude, qui reste observationnelle et "ne permet pas de prouver un lien de cause à effet", a le mérite de mettre en lumière un point clé : la fertilité ne dépend pas uniquement de la mère. "Il est temps d’admettre que la santé des deux parents joue un rôle important", conclut la Dre Gaillard.

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