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Troubles cognitifs liés à la chimio : les bienfaits de l’exercice physique

L’exercice physique peut aider à réduire les troubles cognitifs liés à la chimiothérapie qui touchent 75 % des patients atteints d’un cancer suivant ces soins.

Troubles cognitifs liés à la chimio : les bienfaits de l’exercice physique DragonImages/istock




L'ESSENTIEL
  • Jusqu'à 75 % des patients atteints de cancer signalent des difficultés cognitives liées à la maladie et au traitement.
  • Faire de l'exercice physique pendant la chimiothérapie aide à lutter contre ces troubles cognitifs.
  • Les patients qui ont des cycles de chimio tous les 15 jours, bénéficient le plus des avantages de l'activité physique.

Brouillard mental, difficultés à se concentrer, trous de mémoire, difficultés à gérer l’argent ou les médicaments… Jusqu'à 75 % des patients atteints de cancer signalent des difficultés cognitives liées au traitement du cancer. Les chercheurs de l’université de Rochester ont voulu trouver des moyens de réduire l’impact de ce trouble aussi surnommé "chemo Brain", "brouillard de chimio" ou "chimio-cerveau". Leurs travaux présentés dans le numéro de mars de Journal of the National Comprehensive Cancer Network montrent que l’exercice est une solution prometteuse pour les malades.

Chimiothérapie : des troubles cognitifs moindres grâce à l’exercice physique

Pour cet essai de phase 3, les scientifiques ont réuni près de 700 patients cancéreux soignés dans 20 cliniques d'oncologie à travers les États-Unis. Ils recevaient tous une chimiothérapie. Les volontaires ont été répartis aléatoirement en deux groupes : l’un recevant les soins standards sans exercice physique, l’autre suivait un programme d’activités physiques de six semaines pendant la chimiothérapie. Ce dernier était composé d'exercices sûrs, peu coûteux et pouvant être réalisés à domicile. Il était aussi personnalisé pour tenir compte des capacités physiques d'un patient. Tous les participants avaient pour consigner de noter le nombre de pas et les exercices effectués tous les jours. Avant la chimiothérapie, ils faisaient en moyenne entre 4.000 et 4.500 pas par jour.

L’analyse des données recueillies montre que la plupart des personnes du groupe “exercices” ont pu maintenir leur nombre de pas quotidiens habituel pendant le traitement. En revanche, celles du groupe sans activité physique ont vu le leur chuter de 53 %. Les patients qui ont fait de l'exercice durant leur chimiothérapie ont également déclaré avoir une meilleure acuité mentale et se plaignaient moins de "chemo brain".

Des exercices d'intensité légère à modérée suffisent

"Il est frappant de constater que, sans prescription d'exercices, les patients sous chimiothérapie réduisent de moitié leur marche quotidienne et connaissent une augmentation notable des problèmes de réflexion, de mémoire et de fatigue mentale", remarque Po-Ju Lin, co-autrice de l’étude, dans un communiqué. La chercheuse et ses collègues précisent par ailleurs qu’il n’est pas nécessaire de soulever de la fonte ou de courir un marathon pour observer des bienfaits. Un programme à base d’exercices d’intensité légère et modérée suffisait pour observer des bénéfices cognitifs. “Il s'agit d'une prescription d'exercice sûre et simple qui peut être un élément important des soins de soutien pour toute personne qui suit une chimiothérapie”, assure Karen Mustian, co-autrice de l’étude.

Activité physique et chimio : les bénéfices n’étaient les mêmes chez tous les patients

L'exercice a un effet anti-inflammatoire et favorise un système immunitaire sain, confirme la recherche. Toutefois, si l’activité physique réduisait les risques de troubles cognitifs liés à la chimiothérapie, tous les patients n’en profitaient pas de la même façon. Les avantages étaient bien plus importants chez les malades qui recevaient leur traitement toutes les 15 jours par rapport à ceux qui l’avaient toutes les deux ou trois semaines.

"Cela doit faire l'objet de recherches plus approfondies, mais selon les spéculations, les patients ayant subi des cycles de chimiothérapie de deux semaines peuvent recevoir des médicaments qui ont des toxicités différentes et des effets secondaires moins graves, ce qui peut leur permettre de rester plus actifs", avance Karen Mustian. "Une fois qu'une personne commence à réduire ses niveaux d'activité, il est plus difficile de revenir à son activité de base ou de la maintenir. Il est possible que les patients recevant une chimiothérapie sur les cycles de trois ou quatre semaines aient connu plus de toxicité et plus d'effets secondaires", ajoute-t-elle.

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