Le Royaume-Uni fait face à une épidémie "sans précédent" de méningite à méningocoques. Ce sont les mots employés par le ministre de la santé britannique, Wes Streeting, devant le parlement, le 17 mars. Quinze cas ont été confirmés dans le pays, dont deux sont décédés.
Méningite en Angleterre : un cluster dans une boîte de nuit
Cette infection touche la moelle épinière et les méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau. "Les bactéries se transmettent par gouttelettes et par sécrétions respiratoires et pharyngées, indique l’Institut Pasteur. Elles vont se trouver dans la gorge et le nez de la personne infectée. La transmission de la maladie entre individus nécessite un contact proche et prolongé." Les cas enregistrés au Royaume-Uni seraient liés à une boîte de nuit, le Club Chemistry situé à Canterbury dans le Kent, fermée depuis. Le ministre de la santé britannique précise que la majorité d’entre eux seraient consécutifs à trois soirées : les 5, 6 et 7 mars et "aux réseaux associés", comme le rapporte la BBC.
Le ministre est également revenu sur la chronologie de l’épidémie. Le premier cas a été identifié le 13 mars, puis le lendemain, les autorités françaises ont informé l’Agence britannique de la santé d’un deuxième cas en France, chez un étudiant ayant fréquenté l’université du Kent. "Les deux personnes vivaient dans des logements privés et, à ce stade, aucun lien apparent n'existait entre elles", indique Wes Streeting.
Faut-il craindre une propagation de l’épidémie en France ?
Wes Streeting ajoute que les autorités sanitaires ont identifié les personnes en contact étroit avec les patients : un traitement préventif d’urgence leur a été proposé. "Les antibiotiques restent le traitement le plus efficace pour limiter la propagation de la maladie à méningocoque invasive, précise l’Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni. Jusqu'à présent, plus de 2.500 doses ont été données aux étudiants, aux contacts proches et à d'autres, y compris certains de ceux qui ont assisté au Club Chemistry entre le 5 et le 7 mars."
Pour réduire le risque de propagation, elle rappelle l’importance d’agir vite et de réagir dès le moindre signe d’infection. "Les symptômes précoces peuvent souvent être confondus avec d'autres maladies telles qu'un rhume, une grippe ou une gueule de bois et les étudiants risquent particulièrement de manquer les signes avant-coureurs", alerte l’agence. La méningite à ménigocoque provoque des max de tête, de la fièvre et parfois des vomissements.
En France, plusieurs cas avait été recensés début 2025 et avaient conduit à un renforcement de la prévention, notamment via la vaccination. Le vaccin est devenu obligatoire pour tous les nourrissons, avec un rattrapage jusqu’à 4 ans. Pour les jeunes de 11 à 25 ans, la vaccination est aussi proposée en rattrapage. Chaque année, entre 500 et 600 cas sont enregistrés en France.



