- Selon une récente enquête, 85 % des femmes âgées de 25 à 44 ans ont déjà entendu parler de la congélation d’ovocytes, mais seulement 28 % se sentent suffisamment informées.
- Parmi les participantes, environ 40 % ont conscience qu’il existe une limite d’âge pour congeler et utiliser ses ovocytes.
- Seules 20 % savent que le prélèvement est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.
Dans le cadre de son plan contre l’infertilité, présenté le 5 février dernier, le gouvernement prévoit de mieux sensibiliser les Français sur ce sujet, qui touche plus de 3 millions de personnes. Pour ce faire, il prévoit d’envoyer, à partir de la fin de l’été, un courrier à toutes les personnes âgées de 29 ans, car la fertilité décline avec l’âge. En outre, le ministère de la Santé veut accroître les possibilités de congeler ses ovocytes pour raison non médicale, car les délais d'attente actuels sont longs. D'ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire et envisage d'ouvrir ce terrain au privé, assurant néanmoins que la procédure restera gratuite et exempte d'une "logique marchande."
Préserver la fertilité et décaler le projet parental
Mais que savent réellement les femmes sur la congélation d’ovocytes ? Afin de déterminer si elles sont bien informées sur le sujet, l’Agence de la biomédecine a mené une enquête sur leurs connaissances et leurs perceptions de la congélation ovocytaire. Pour rappel, ce dispositif, autorisé après l’ouverture du droit à "l’autoconservation des ovocytes sans indication médicale" par la loi de bioéthique de 2021, permet aux femmes, âgées de 29 ans à 37 ans, de préserver leur fertilité et de décaler leur projet parental. "En France, l’âge du premier enfant est en moyenne de 31 ans. Le désir de maternité est différent chez chaque femme et plusieurs événements personnels peuvent conduire à repousser un projet de grossesse", indique le CHU de Lyon.
Dans le cadre du sondage, 1.000 femmes, représentatives de la population française métropolitaine âgée de 25 ans à 44 ans, ont répondu à un questionnaire en ligne. "L’objectif était d’englober non seulement le public directement concerné par la congélation des ovocytes, les femmes entre 29 et 37 ans, mais également un peu plus largement les femmes potentiellement concernées à moyen terme (25-29 ans) et les femmes qui auraient encore l’âge d’utiliser leurs gamètes", précise l’Agence de la biomédecine.
40 % des femmes savent qu’il existe une limite d’âge pour congeler et utiliser ses ovocytes
Selon les résultats, la congélation des ovocytes sans raison médicale, qui suscite un intérêt croissant, est aujourd’hui largement identifiée. Pour preuve : 85 % des participantes déclarent en avoir déjà entendu parler et 57 % indiquent savoir précisément de quoi il s’agit. Plus précisément, 35 % d’entre elles se déclarent même intéressées par le sujet à titre personnel. "L’intérêt pour la congélation des ovocytes apparaît plus marqué chez les 25-34 ans, dont 41 % se déclarent intéressées pour elles-mêmes. Il est également plus élevé parmi les femmes non hétérosexuelles."
Cependant, les connaissances plus concrètes du dispositif restent faibles, car seules 28 % des répondantes se sentent suffisamment informées. Dans le détail, environ 40 % des répondantes savent qu’il existe une limite d’âge pour congeler et utiliser ses ovocytes. Autre constat : 20 % savent que le prélèvement est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. D’après l’enquête, les informations sur la congélation des ovocytes circulent encore largement par des canaux informels, en particulier le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, "où les témoignages personnels constituent souvent une première porte d’entrée dans le sujet". De plus, il semble plus difficile pour les femmes de trouver des informations sur des sites institutionnels de référence.
La congélation des ovocytes, un sujet qui n’est pas toujours facile d’aborder autour de soi
Le sondage souligne aussi que la congélation de ses ovocytes est un sujet jugé intime, "Les répondantes en ont rarement parlé avec leur entourage proche (parents, frères-sœur, amis). C’est un sujet qu’elles réservent au cercle restreint du couple ou d’une amie très proche. Elles sont réticentes au fait d’éveiller des questions au sujet de leur fertilité, voire de la compassion ou du jugement. (…) La relation et les premiers échanges avec un professionnel de santé, perçus comme les plus crédibles par les femmes interrogées, peuvent être déterminants dans le niveau d’information obtenu et la manière d’envisager la démarche ou d’y renoncer."
L’étude montre également que les femmes ne disposent pas suffisamment de connaissances sur le sujet, car 47 % de celles interrogées considèrent qu’une tentative de grossesse à partir d’ovocytes congelés a des chances élevées d’aboutir. Pourtant, la congélation des ovocytes ne constitue pas une garantie de grossesse ultérieure. Seules 20 % des femmes sondées en ont conscience. Faute d’informations, les Françaises perçoivent aussi la procédure comme exigeante. Selon l’enquête, 62 % des femmes considèrent la démarche comme stressante, 54 % la jugent longue et 51 % l’estiment coûteuse. "Ces perceptions traduisent également un besoin d’information plus précis sur les modalités de la démarche."


