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Infertilité : ce neurone pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements

Des chercheurs ont démontré comment un neurone, appelé Kisspeptine, impacte la fertilité en régulant la libération des hormones qui contrôlent certaines données de la fonction ovarienne, comme le développement des follicules ou l’ovulation.

Infertilité : ce neurone pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements gorodenkoff/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les neurones kisspeptine influent sur la libération de deux hormones qui contrôlent en partie la fonction ovarienne, notamment le développement des follicules ou l’ovulation.
  • À terme, cette découverte pourrait aider les chercheurs à traiter les troubles de la reproduction.
  • En France, environ un couple sur huit consulte en raison de difficultés à concevoir un enfant, selon l’Inserm.

Jusqu’à 25 % des cas d'infertilité restent inexpliqués, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La difficulté à avoir un enfant peut venir de différents facteurs : l’âge, la consommation de tabac, de drogues ou d’alcool, le mode de vie (sédentarité, surpoids, alimentation) ou encore l’exposition aux polluants et aux perturbateurs endocriniens. 

Une étude japonaise, publiée dans la revue Scientific Reports, aurait mis le doigt sur un autre facteur possible : un neurone appelé kisspeptine.

Un neurone impacte les hormones liées à la fertilité

Les chercheurs de l’Université de Nagoya et du National Institutes of Natural Sciences, se sont intéressés aux neurones kisspeptine car ils régulent la libération de deux hormones essentielles au fonctionnement des ovaires : l'hormone hypothalamique de libération des gonadotrophines (GnRH) et l'hormone folliculo-stimulante hypophysaire/hormone lutéinisante (LH). Elles contrôlent notamment le développement des follicules ou l’ovulation.

Si les neurones kisspeptine sont présents principalement dans deux zones du cerveau, l'équipe s'est concentrée surtout sur ceux installés dans le noyau arqué (ARC) où ils produisent et répondent à la dynorphine, une substance inhibitrice. Cette dernière est capable de ralentir ou d'arrêter certaines réactions chimiques. "Les neurones kisspeptine de l'ARC expriment à la fois la dynorphine et son récepteur, alors que ceux de l'AVPV expriment uniquement le récepteur, explique Mayuko Nagae, l’un des auteurs, dans un communiqué. Le rôle exact de la dynorphine et de son récepteur dans la régulation des neurones kisspeptine n'était pas clairement compris."

Pour étudier cela, les scientifiques japonais ont génétiquement modifié des rats femelles pour supprimer Kiss1, un gène qui code (c’est-à-dire qui fournit des informations pour la production de la kisspeptine) dans les neurones kisspeptine. 

Infertilité : moins de neurones kisspeptine, moins de naissances

Résultats : les rats génétiquement modifiés n'avaient que 3 % de neurones kisspeptine dans l'ARC et 50 % dans le noyau périventriculaire antéroventral (AVPV) (l'autre zone cérébrale où les kisspeptine sont présents). Les femelles étaient encore fertiles, mais leur fonction ovarienne avait été impacté et il y avait moins de naissances dans le groupe des rongeurs génétiquement modifiés que chez les rats normaux. Cela indique donc que les neurones kisspeptine dotés de récepteurs de dynorphine sont importants pour la reproduction et que leur présence impacte la fertilité.

"C’est la première fois qu’une étude montre que les neurones kisspeptine qui reçoivent directement de la dynorphine sont nécessaires pour la production et l'augmentation de la GnRH/LH chez les rats femelles", explique Hiroko Tsukamura, l’un des auteurs dans un communiqué

Cette découverte pourrait aider les chercheurs à comprendre et à traiter les troubles de la reproduction chez les animaux et, à terme, chez les humains. Un enjeu important, car, en France, environ un couple sur huit consulte en raison de difficultés à concevoir un enfant, selon l’Inserm.

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