- Les gènes expliquent environ 50 % de l’espérance de vie d’une personne, selon une nouvelle étude.
- Jusqu’à présent, l’impact des gènes sur la longévité était sous-estimé à cause des décès liés à des causes externes.
- L’hérédité ne pèse pas de la même façon en fonction des maladies : il a beaucoup plus d’influence sur celles cardiovasculaires et sur la démence que sur le cancer.
En France, en 2024, l’espérance de vie à la naissance était de 80 ans pour les hommes et 85,6 ans pour les femmes, selon l’Institut national d'études démographiques (Ined). Mais derrière ces moyennes, il y a de grandes disparités entre les personnes.
La génétique explique environ 50 % de l’espérance de vie
Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Science, des chercheurs ont trouvé la cause principale pouvant expliquer les différences de longévité entre les individus. Ce n’est pas, comme on le pensait jusqu’à présent, principalement lié à des causes externes comme les accidents, les infections ou d’autres événements imprévus. Ce n'est pas non plus lié principalement à l’environnement et au mode de vie. Ces facteurs ont bien un impact sur l’espérance de vie, en provoquant des décès précoces, mais ils ne sont pas les principaux… C’est la génétique qui arrive en tête, car elle influence environ 50 % de la longévité, d’après les calculs des scientifiques.
“Cette étude a des conséquences importantes pour la recherche sur le vieillissement, écrivent Daniela Bakula et Morten Scheibye-Knudsen, deux chercheurs qui n’ont pas participé à l’étude mais ont écrit un article d’opinion dessus, également publié dans Science. Une contribution génétique importante renforce la justification de mener des efforts à grande échelle pour identifier les variants liés à la longévité, affiner les scores de risque polygénique et relier les différences génétiques à des voies biologiques spécifiques qui régulent le vieillissement.”
Au début de leur étude, les scientifiques sont partis de cette hypothèse : l'impact réel de la génétique sur l’espérance de vie est faussée par la mortalité liée aux facteurs externes. Pour le prouver, ils ont utilisé la modélisation mathématique et analysé des cohortes de jumeaux élevés ensemble et séparément.
L’hérédité est moins décisive dans le cancer
Ainsi, une fois les décès externes pris en compte, l’influence des gènes sur la longévité était d’environ 50 à 55 %, soit plus du double des estimations précédentes. Les scientifiques avancent plusieurs éléments explicatifs, tirés de leurs observations : les maladies génétiques rares accélèrent le vieillissement ; les personnes dont les parents vivent vieux ont plus de chances d’avoir la même longévité ; les études sur jumeaux montrent que des facteurs hérités influencent la durée de vie ; des variants génétiques liés à la durée de vie ont été identifiés.
Mais attention, la génétique ne fait pas tout. Les chercheurs notent en effet que l’hérédité ne pèse pas de la même façon en fonction des maladies : il a beaucoup plus d’influence sur celles cardiovasculaires ou sur la démence que sur le cancer. Autrement dit, l’environnement et le mode de vie semblent être des facteurs de risque bien plus importants pour cette maladie. D’où l’intérêt de limiter les principaux facteurs de risque évitables du cancer, le plus tôt possible : arrêter de fumer, limiter sa consommation d’alcool, pratiquer une activité physique régulière et manger équilibré.


