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Drogues

Pourquoi les jeunes souffrent de troubles psychotiques précoces ?

Les troubles psychotiques touchent de plus en plus de jeunes, et de plus en plus tôt. Une étude canadienne alerte sur cette tendance, potentiellement liée à la consommation de drogues et à des facteurs sociaux.

Pourquoi les jeunes souffrent de troubles psychotiques précoces ? Drazen Zigic / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude canadienne observe une hausse de 60 % des diagnostics de psychose chez les 14-20 ans.
  • Les jeunes nés après 1980 sont les plus touchés, en particulier les hommes et les populations vulnérables.
  • Les drogues et les facteurs sociaux pourraient jouer un rôle majeur.

Les jeunes d’aujourd’hui seraient-ils plus vulnérables aux troubles psychotiques que les générations précédentes ? C’est du moins ce que suggère une vaste étude canadienne en alertant sur une hausse significative des cas de schizophrénie et de psychoses chez les adolescents et jeunes adultes, avec des diagnostics posés à des âges de plus en plus précoces.

Les jeunes de plus en plus touchés par les troubles psychotiques

Publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), l’étude a suivi plus de 12,2 millions de personnes nées en Ontario entre 1960 et 2009. Parmi elles, plus de 152.000 ont reçu un diagnostic de trouble psychotique : schizophrénie surtout, mais aussi paranoïa ou autre. "La psychose est une maladie mentale qui entraîne, par périodes, une incapacité à discerner le réel de l’irréel, précise le Vidal. Les psychoses se traduisent par des hallucinations et des délires (c’est-à-dire des propos irrationnels tenus sans que leur auteur soit en mesure de les critiquer ni d’en percevoir l’étrangeté)."

Premier constat : chez les jeunes de 14 à 20 ans, le taux de nouveaux cas a augmenté de 60 % entre 1997 et 2023, passant de 62,5 à 99,7 cas pour 100.000. Les individus nés après 1980 sont les plus concernés. Ceux nés entre 2000 et 2004 présentent un taux de diagnostic 70 % plus élevé que ceux nés entre 1975 et 1979. Et le nombre total de personnes diagnostiquées avant 30 ans a grimpé de 37,5 % pour les cohortes nées dans les années 1990. D’une génération à l’autre, les cas de troubles psychotiques chez les plus jeunes ont donc bondi.

Des profils plus à risque que d’autres

Autres enseignements : les hommes restent plus exposés que les femmes, bien que la hausse touche les deux sexes. Et les diagnostics concernent surtout les troubles psychotiques non affectifs, comme la schizophrénie. Ils sont aussi plus fréquents chez les personnes vivant dans des quartiers à faible revenu, nées au Canada, et ayant un passé de soins en santé mentale ou de consommation de substances. Selon les scientifiques, plusieurs facteurs pourraient expliquer cette tendance : stress social lié à des conditions socioéconomiques précaires, antécédents familiaux, ou encore expériences négatives pendant l’enfance.

Substances et santé mentale : une piste majeure

"La consommation de substances, surtout dès l’adolescence, est fortement liée au développement ou à l’aggravation des troubles psychotiques", explique le Dr Daniel Myran, chercheur principal de l’étude, dans un communiqué. Il ajoute : "Nous ne savons pas encore exactement ce qui explique cette hausse, mais il est probable qu’il n’y ait pas une cause unique." Parmi les drogues en cause : cannabis, stimulants, hallucinogènes ou drogues de synthèse. Leur usage a considérablement augmenté au Canada au cours des deux dernières décennies. Des tendances similaires ont également été observées au Danemark et en Australie, renforçant l’urgence de mieux comprendre et prévenir ces troubles.

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