C’est le troisième cancer le plus fréquent chez la femme en France. Le cancer du poumon est responsable d’environ 10.000 décès chez les femmes chaque année. Dans la revue Annals of Oncology, des chercheurs annoncent que le taux de mortalité féminin de ce cancer devrait diminuer en Europe, sauf en Espagne.
Une stabilisation du taux de mortalité du cancer du poumon en Europe
"Après avoir augmenté pendant plus de 25 ans, les taux de mortalité par cancer du poumon se stabilisent enfin chez les femmes dans les pays de l'Union européenne, à l'exception de l'Espagne, selon les prévisions des taux de mortalité dus à cette maladie pour 2026", annoncent-ils. Leurs travaux, parus lundi 19 janvier, reposent sur l’analyse des taux de mortalité par cancer dans les 27 États membres de l'UE et au Royaume-Uni. Ils se sont notamment intéressés aux cancers de l'estomac, des intestins, du pancréas, des poumons, du sein, de l’utérus, des ovaires ou encore de la vessie chez les hommes et les femmes. Les données rassemblées couvraient une période allant de 1970 à nos jours. Cela leur a permis de réaliser des estimations des taux de mortalité pour 2026.
En Espagne, une hausse de la mortalité liée au cancer du poumon chez les femmes
D’après leurs conclusions, les taux de mortalité dus au cancer du poumon chez les femmes de l'UE se stabiliseront à environ 12,5 décès pour 100.000 femmes en 2026. "Cela représente une baisse d'un peu plus de 5 % depuis 2020-2022, préviennent-ils. La seule exception est l’Espagne, où le taux de mortalité féminine par cancer du poumon continuera d’augmenter de 2,4 % en 2026, avec environ 10 décès pour 100.000 femmes." Au Royaume-Uni, le taux de mortalité par cancer du poumon chez les femmes devrait diminuer de 13,4 % par rapport à 2020-2022, avec 14.85 décès pour 100 000 femmes. "Cependant, ces améliorations ne seront constatées que chez les femmes âgées de 64 ans ou moins, indiquent-ils. Les taux de mortalité par cancer du poumon continueront d’augmenter chez les femmes âgées."
Mortalité du cancer du poumon : des taux plus élevés chez les hommes
Chez les hommes, les scientifiques estiment que le nombre de décès liés au cancer du poumon sera deux fois plus élevé en 2026. "La raison de cette tendance est que, partout dans le monde, les hommes ont commencé à fumer plus tôt que les femmes", précisent les auteurs de l’étude. Carlo La Vecchia, le directeur de cette recherche, souligne que ces résultats montrent l’impact global du tabagisme sur la mortalité par cancer. "La lutte antitabac reste la pierre angulaire de la prévention du cancer du poumon et joue également un rôle dans la prévention d’autres cancers, comme le cancer du pancréas, rappelle-t-il. Les politiques visant à limiter l'usage du tabac ont permis d'éviter des millions des décès liés au tabagisme, mais son application reste inégale à travers l’Europe."



