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Neurodéveloppement

TDAH chez les adultes : les prescriptions explosent depuis la crise sanitaire

Les nouvelles prescriptions de psychostimulants, médicaments principalement utilisés pour traiter le TDAH, ont plus que doublé depuis la crise de la Covid-19, surtout chez les femmes et les jeunes de 18 à 24 ans. 

TDAH chez les adultes : les prescriptions explosent depuis la crise sanitaire Alex Aviles/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une étude montre que les prescriptions de psychostimulants chez les adultes, principalement pour traiter le TDAH, ont plus que doublé depuis le début de la pandémie de la Covid-19.
  • L’augmentation concerne surtout les jeunes adultes, de 18 à 24 ans, et les femmes.
  • Cette hausse peut être due, d’après les chercheurs, à une meilleure reconnaissance du TDAH à l’âge adulte ou peut-être à des diagnostics établis trop rapidement.

2 millions de personnes sont atteintes de trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Les médicaments prescrits pour traiter ce problème de neurodéveloppement sont des psychostimulants, qui stimulent le système nerveux central et peuvent ainsi améliorer l’attention, la concentration et les performances. 

Plus de prescriptions de psychostimulants depuis la Covid-19

Beaucoup de patients prennent-ils ces médicaments ? Depuis six ans, ils seraient plus nombreux qu’avant, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Canadian Medical Association Journal. Lors de leurs travaux, les chercheurs ont découvert que les prescriptions de psychostimulants avaient plus que doublé depuis la crise de la Covid-19 en 2020. 

Pour parvenir à ce résultat, les scientifiques ont analysé les données de prescription en Ontario, la deuxième plus grande province du Canada. Ces informations ont été récoltées entre janvier 2016 et juin 2024. Au cours de ces huit ans et demi, plus de 327.000 adultes ont reçu au moins une nouvelle prescription de psychostimulants. 

Dans le détail, les scientifiques ont observé une légère baisse des prescriptions au début de la pandémie, suivie d’un rattrapage pour arriver à des niveaux jamais atteints auparavant. Les plus concernés étaient les jeunes de 18 à 24 ans et les femmes, alors qu’avant la Covid-19 les chiffres étaient équivalents entre les deux sexes. Enfin, la grande majorité des patients vivaient en milieu urbain.

Nombre de ces résultats concordent avec les tendances observées à l'échelle mondiale en matière de prescription de psychostimulants depuis la pandémie, explique la Dre Mina Tadrous, co-auteure de l'étude, dans un communiqué. Ils s’expliquent probablement par une meilleure connaissance du TDAH chez l’adulte et par un accès aux soins amélioré, après une longue période durant laquelle ce trouble était sous-diagnostiqué à l’âge adulte, particulièrement chez les femmes.

Les femmes et les jeunes, plus concernés par la consommation de psychostimulants

Dans le même temps, les scientifiques s’inquiètent d’une autre évolution : la baisse des prescriptions de psychostimulants par les psychiatres depuis le début de la pandémie (de 26 % à 18 %) et l’augmentation de celles des infirmières (de 2 % à 10 %).  “Si une meilleure connaissance du TDAH chez l'adulte a probablement facilité l'accès aux soins pour de nombreuses personnes, la rapidité de l'augmentation des prescriptions de psychostimulants dans cette population, ajoutée à une hausse des consultations chez des non-spécialistes, au développement des soins virtuels et à des délais d'évaluation plus courts, soulève des inquiétudes quant à la qualité des pratiques diagnostiques”, avertit la Dre Tara Gomes, l’une des auteures. 

Autre observation : 25 % des nouveaux patients sous psychostimulants avaient aussi reçu un diagnostic d'anxiété ou de dépression. Ces médicaments pourraient donc aussi avoir été prescrits pour traiter ces pathologies et non pas le TDAH. 

“Étant donné que le diagnostic du TDAH chez l’adulte nécessite une évaluation clinique attentive et approfondie, ces tendances soulignent l’importance de s’assurer que des protocoles d’évaluation rigoureux”, conclut la Dre Tara Gomes. Les auteurs appellent à une surveillance et à une évaluation continues afin de comprendre les causes profondes de l'augmentation de ces prescriptions. 

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