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Dépendance

Smartphone : voici pourquoi nous sommes tous accros

Une étude révèle que la dépendance au téléphone ne s'explique pas seulement par les traits de personnalité : le manque de contrôle de soi et la peur de rater des événements (la "Fomo") joueraient un rôle majeur.

Smartphone : voici pourquoi nous sommes tous accros Kar-Tr / istock




L'ESSENTIEL
  • La peur de manquer des événements sociaux peut favoriser l'usage excessif du smartphone.
  • Le manque d'autocontrôle joue un rôle plus important que la personnalité.
  • Une utilisation intensive pourrait affecter l'attention, le sommeil et la posture.

Vous êtes accroché à votre téléphone dès que la moindre notification apparaît ? Derrière cet automatisme qui nous concerne tous, se cachent certains mécanismes psychologiques bien définis. En Hongrie, une équipe de chercheurs de l'Université Semmelweis met en évidence que la dépendance au smartphone ne dépend pas seulement de la personnalité, mais aussi du manque de contrôle de soi et de la peur de rater des événements sociaux, appelée "Fomo" (Fear of missing out). Leurs travaux ont été publiés dans la revue Acta Psychologica.

Addiction au téléphone : la personnalité n’explique pas tout

Pour comprendre les mécanismes de l'usage excessif du smartphone, les scientifiques ont analysé les comportements de jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans. Les participants ont répondu à plusieurs questionnaires en ligne portant sur leur temps d'utilisation, leurs activités sur le téléphone et leur état psychologique. Les chercheurs ont notamment évalué le neuroticisme – une tendance à ressentir des émotions négatives comme l'anxiété ou la tristesse – ainsi que le niveau d'autocontrôle et la peur de manquer des interactions sociales.

"Notre principale découverte est que la personnalité seule ne suffit pas à expliquer l'addiction au téléphone, assure la professeure Johanna Takács dans un communiqué. Ce qui compte vraiment, c'est la capacité à contrôler son comportement, ses émotions et ses impulsions, ainsi que l'intensité de la crainte de rater quelque chose."

Les chercheurs ont ainsi pu identifier trois types de consommateurs. Les "utilisateurs sociaux" utilisent surtout leur téléphone pour communiquer avec leurs proches. Les "utilisateurs légers", de leur côté, passent moins de quatre à cinq heures par jour sur leur smartphone pour s'informer ou se divertir. Enfin, environ un tiers des participants appartiennent au groupe des "utilisateurs intensifs", qui passent plus de quatre à cinq heures quotidiennes à consommer du contenu, le plus souvent en scrollant passivement sur les réseaux sociaux.

Des effets nocifs sur le mental... et le physique

D’après l'étude, ce dernier type d'usage intensif expose le cerveau à des stimuli rapides et constants, ce qui peut réduire l'attention, fatiguer mentalement et perturber la mémoire. La recherche souligne également des conséquences physiques. "Lorsque les gens tiennent leur téléphone au niveau de la poitrine ou de la taille et regardent vers le bas, la tête avance vers l'avant", explique Beáta Seregély, spécialiste du sujet. Cette posture, surnommée "text-neck" en anglais, exerce une pression sur la nuque et peut provoquer des douleurs ainsi qu’une usure prématurée des articulations. A long terme, cette position pourrait même perturber l'équilibre et ralentir certaines réactions, car les capteurs du cou participent à l'orientation du corps.

Les chercheurs insistent toutefois sur un point : l'objectif n'est pas d'interdire les smartphones. Ils recommandent plutôt de limiter certaines notifications, éviter l'utilisation du téléphone avant le coucher et encourager l'activité physique.

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