- Certains adolescents refusent d'aller voir un psychologue par peur d'être considérés comme anormaux ou d'être réduits à un problème.
- La première astuce pour les aider à franchir le pas est de ne pas contester leurs propos mais de les reformuler avec empathie.
- Il est aussi possible d'explorer d'autres voies : faire du sport ou de la musique, l'écriture, se confier à un professeur...
Voir son enfant traverser une période de turbulence sans accepter l’aide que l’on juge nécessaire est une expérience profondément bouleversante. L’adolescence est un âge de transformations intenses, de quête d’identité et d’autonomie. Dans ce contexte, consulter un psychologue peut être perçu comme une intrusion et le “non” exprime souvent un besoin de contrôle.
Comprendre ce que cache le refus
Beaucoup d’adolescents redoutent d’être considérés comme “anormaux” ou “malades”. D’autres craignent que leurs confidences soient rapportées aux parents ou que leur intimité ne soit pas respectée. Pour certains, accepter une aide reviendrait à admettre qu’ils ne maîtrisent plus la situation ou traduirait la peur d’être réduits à un problème.
Plutôt que de contester, il est possible de reformuler avec empathie : "J’ai l’impression que ces derniers temps, tu portes quelque chose de lourd. Si un jour, tu veux en parler, je suis là." Valider son ressenti sans cautionner des comportements inquiétants permet de diminuer la résistance et de maintenir le lien.
L’objectif n’est pas de convaincre immédiatement, mais de laisser la porte entrouverte.
Lorsque la question de la thérapie devient source de tension répétée, insister risque de renforcer l’opposition. La pression directe alimente souvent un rapport de force. À l’inverse, faire un pas de côté peut apaiser la situation en partageant des moments sans évoquer les difficultés (un repas, une promenade, un trajet en voiture).
Dans ces instants de normalité, l’adolescent se sent reconnu pour ce qu’il est, et non défini par ses problèmes. Dire simplement "Je m’inquiète parce que je tiens à toi" peut avoir plus d’impact qu’un long argumentaire. Parfois, proposer une première rencontre “juste pour essayer” ou évoquer différentes formes d’accompagnement peut ouvrir une brèche.
Explorer des voies alternatives vers le mieux-être
Si la consultation reste inacceptable pour le moment, d’autres pistes peuvent être explorées : certains adolescents se confient plus facilement à un adulte de confiance comme un entraîneur, un professeur ou un membre de la famille. D’autres trouvent un apaisement dans le sport, la musique, l’écriture ou le bénévolat, qui offrent un espace d’expression indirect, sans pression.
Les parents peuvent également chercher conseil eux-mêmes auprès d’un professionnel pour ajuster leur posture et mieux comprendre la situation. Bien entendu, en cas de signes de gravité (idées suicidaires, conduites à risque, symptômes sévères), une consultation urgente s’impose, même face à la réticence.
En savoir plus : "Petit décodeur illustré de l'ado en crise : quand la crise nous permet d'enrichir le lien" d'Anne-Claire Kleindienst et Lynda Corazza.



