- Parmi les femmes ayant réalisé le dépistage, on enregistre une réduction de moins 26 % du nombre de cancers détectés à un stade métastatique et de moins 4,7 % des cancers invasifs.
- Entre 2004 et 2018, 23.000 décès ont été évités grâce au dépistage du cancer du sein.
- Le chiffre devrait grimper à 95.000 décès évités à l'horizon 2024.
Le 8 mars est l'occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Et si dans de très nombreux domaines, les avancées peinent à se concrétiser, la lutte contre le cancer du sein a pour sa part enregistré des progrès non-négligeables. L’étude menée par l’Institut national du cancer montre que le dépistage a permis d’éviter 23.000 décès par cancer du sein entre 2004 et 2018.
Dépistage du cancer du sein : jusqu’à 40 % de risque de décès en moins
Le dépistage organisé du cancer du sein permet une réduction de moins 26 % du nombre de cancers détectés à un stade métastatique et de moins 4,7 % des cancers invasifs. Les experts à l’origine de ce bilan remarque par ailleurs que plus le dépistage est débuté tôt (dès l’âge recommandé de 50 ans), plus la réduction du risque est importante. Ainsi, une femme qui fait toutes les mammographies recommandées entre 50 et 74 ans peut voir son risque de décès diminué d’environ 40 % au cours de sa vie. Le taux n’est que de 20 % lorsque le dépistage débute à 70 ans.
Le rapport indique par ailleurs que 23.000 décès liés aux tumeurs mammaires cancéreuses ont été évités entre 2004 et 2018 parmi les femmes ayant réalisé un dépistage (organisé ou individuel). Selon les estimations, ce chiffre devrait atteindre 84.000 morts évités d'ici à 2043 et près de 95.000 à l’horizon 2054.
Cancer du sein : quelles sont les conditions pour se faire dépister ?
L’étude souligne que seulement 46,3 % des femmes avaient répondu à l’invitation envoyée par l’Assurance Maladie en 2023-2024. Or, les différents chiffres sur la mortalité et décès évités montrent qu’il ne faut pas hésiter à se faire dépister.
Le dépistage organisé s’adresse à l’ensemble des femmes entre 50 et 74 ans, sans symptômes et n'ayant pas de facteurs de risque particuliers de cancer du sein, autre que leur âge. Il est proposé via un courrier d’invitation à faire une mammographie tous les deux. Aucune somme n’est à débourser. Cet examen est gratuit. Lors du rendez-vous pour la mammographie, il suffit de présenter le bon de prise en charge avec le courrier d’invitation et la carte Vitale.
"Un examen complémentaire est parfois nécessaire, par exemple une échographie : hors dépassement d’honoraires, il sera pris en charge par l’Assurance Maladie et votre complémentaire aux conditions habituelles de remboursement", précise le site Ameli.fr.
Pour les femmes de moins de 50 ans sans risque accru, un dépistage systématique n’est pas recommandé. Toutefois, il est conseillé de faire un examen clinique des seins par un médecin ou une sage-femme au moins une fois par an et d’être attentive aux changements (boule, écoulement, modification de la peau, déformation de la peau, rougeur ou œdème d’une zone du sein, ganglions palpables sous l’aisselle) et de réaliser tous les mois une autopalpation de la poitrine une fois par mois. Au moindre signe suspect, il faut consulter.
Certaines femmes à risque peuvent se voir proposer par leur médecin des mammographies de contrôle régulières avant les 50 ans requis par le dépistage organisé. Par exemple, s’il y a des antécédents familiaux de cancer du sein, une mutation génétique (BRCA1 ou BRCA2).



