- Pendant 20 ans, un homme de 52 ans a souffert de hoquet, souvent déclenché après les repas et s'accompagnant parfois de reflux et de vomissements, qui était résistant aux traitements médicamenteux.
- Pour prendre en charge son hoquet, les médecins ont ciblé le bloc des ganglions stellaires bilatéraux et le bloc du nerf phrénique, qui contrôle le diaphragme.
- Après avoir utilisé une radiofréquence pulsée du nerf phrénique pour moduler son activité, le hoquet a disparu au bout de trois mois.
Un silence retrouvé après deux décennies "hics." En Chine, un homme de 52 ans s’est rendu à l’hôpital de l'Ouest du pays en raison d’un hoquet rebelle, à savoir une contraction involontaire, spasmodique et coordonnée de tous les muscles inspiratoires (diaphragme et muscles intercostaux), associée à une fermeture de la glotte. Plus précisément, il souffre de ces secousses, d'une durée de 10 à 30 minutes, deux à trois fois par semaine, qui diminuent pendant le sommeil depuis 20 ans. "Au cours des cinq dernières années, la fréquence et l'intensité de son hoquet se sont aggravées, notamment le matin et après les repas. Ces épisodes étaient parfois accompagnés de reflux gastro-œsophagien et de vomissements", ont indiqué les médecins chinois dans un rapport de cas publié dans la revue Frontiers in Physiology.
Son hoquet résiste à différents traitements
Après son admission dans l’établissement de santé, les premières consultations en gastro-entérologie révèlent une gastrite chronique non-atrophique et de multiples ulcères duodénaux de stade A1. Pour traiter ces maladies, le quinquagénaire reçoit un inhibiteur de la pompe à protons (40 mg/jour d'ésoméprazole), un médicament protégeant la muqueuse (450 mg/jour de la pectine de bismuth colloïdale), un agent neurotrophique (1,5 mg/jour de mécobalamine), un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (20 mg/jour de paroxétine) et un sédatif de la famille des benzodiazépines (1 mg/jour d’estazolam). Ce cocktail médicamenteux a permis, dans un premier temps, de soulager ses symptômes. Cependant, quelques temps après, le hoquet s'est aggravé. "En août 2024, il est devenu quotidien et incessant, ne cessant plus pendant le sommeil." L’homme s’est vu prescrire un nouveau traitement qui n’a pas permis d'obtenir d'amélioration significative.
"Une consultation multidisciplinaire impliquant la gastro-entérologie, la psychiatrie, la prise en charge de la douleur et la radiologie a conduit à une révision du traitement, incluant la prégabaline (300 mg/jour du neuromodulateur gabapentinoïde), l'olanzapine (2,5 mg/jour d’antipsychotique atypique), la paroxétine (20 mg/jour) et le vonoprazan (20 mg/jour). Ces modifications ont permis un soulagement partiel des symptômes, avec une légère diminution de l'intensité du hoquet, mais sans réduction significative de sa fréquence quotidienne."
Cibler les nerfs impliqués dans le hoquet
Compte tenu du caractère réfractaire de ses symptômes, le patient est transféré au service de prise en charge de la douleur où il subit une série d'interventions guidées par échographie, notamment des blocs bilatéraux du ganglion stellaire et des blocs du nerf phrénique (localisé au niveau du cou et du thorax). Le nerf phrénique est la "commande" nerveuse qui permet au diaphragme de se contracter pour réaliser l'inspiration, selon l’Hôpital Foch. Dans le cadre des interventions, le nerf phrénique a été ciblé entre les muscles scalène antérieur et sterno-cléido-mastoïdien. "Une aiguille a été insérée dans le plan et 3 ml de lidocaïne à 1 % ont été injectés de chaque côté."
Une fois sorti du bloc, les hoquets, initialement continus, ont cessé complètement pendant environ six heures, avant de réapparaître plus tard dans la journée. Le quinquagénaire a ensuite bénéficié de cinq séances de blocage du ganglion stellaire bilatéral sous contrôle échographique, à raison d'une séance par jour. Après les cinq séances, la fréquence des hoquets s'est améliorée, passant à trois ou quatre brèves crises par jour, d'une durée de 10 à 30 minutes chacune. Avant de recourir à un traitement par radiofréquence, le patient a reçu une perfusion intraveineuse continue de lidocaïne (5 mg/kg sur deux heures) sous surveillance cardiaque et hémodynamique continue qui a entraîné une légère diminution transitoire de l'intensité du hoquet. Il a ensuite pu rentrer chez lui.
Le hoquet a complètement disparu après 3 mois de stimulation électrique
Lors de la consultation de suivi un mois après la fin des blocs du ganglion stellaire et la perfusion de lidocaïne, le patient présentait toujours des symptômes persistants, caractérisés par des épisodes de hoquet survenant deux à trois fois par jour et durant environ 30 minutes. Ainsi, il a été réhospitalisé pour une radiofréquence pulsée bilatérale guidée par échographie. "La procédure a consisté en une stimulation pour induire une contraction diaphragmatique, suivie d'une modulation par radiofréquence pendant 15 minutes. Une solution analgésique de 3 mL a été injectée." Dans les 24 heures suivant l’intervention, le hoquet a complètement disparu le jour. Bien que leur durée ait été nettement réduite à 5-10 minutes, la fréquence des crises de hoquet a fluctué, survenant 2 à 3 fois par jour, au cours de la semaine suivante. Deux mois après la stimulation, la fréquence des crises a encore diminué, pour atteindre 0 à 2 brèves crises par jour d'une durée d'environ cinq minutes. Au troisième mois, le hoquet avait complètement disparu.
"Ce cas souligne l'efficacité de l'intégration de la modulation des nerfs sympathiques et somatiques, en particulier guidée par ultrasons, dans les cas de hoquets réfractaires. Une telle stratégie guidée par l'imagerie peut offrir un soulagement significatif aux patients souffrant de hoquets chroniques résistants au traitement et démontre l'intérêt d'une prise en charge personnalisée et interventionnelle de la douleur dans les troubles fonctionnels complexes", peut-on lire dans les conclusions du rapport.


