- Certains bactéries intestinales et buccales dégradent les composants aux arachides et influencent la réaction d'une personne à l'allergène.
- L'étude montre que les personnes allergiques ayant de grandes quantités de bactéries Rothia ont des réactions moins fortes aux arachides.
- Cette découverte pourrait aider à développer des traitements contre une des allergies les plus répandues.
Les allergies aux arachides sont parmi les plus fréquentes et potentiellement les plus graves. Toutefois, les personnes allergiques à ces aliments peuvent réagir très différemment à leur contact. Certaines ont seulement des démangeaisons agaçantes tandis que d’autres font immédiatement un dangereux choc anaphylactique.
Une équipe de l'Université McMaster s’est penchée sur ce mystère et a découvert que l’explication pourrait se trouver dans le microbiote buccal et intestinal. Leurs travaux, publiés dans la revue Cell Host & Microbe le 3 mars 2026, pourraient aider à prédire, et même réduire les réactions anaphylactiques.
Les bactéries Rothia limitent les réactions allergiques
Pour mieux comprendre l’origine de l’allergie aux arachides, les scientifiques des échantillons de salives et de microbiote intestinal de personnes en bonne santé. Ils ont identifié plusieurs bactéries présentes dans les prélèvements, capables de dégrader les principaux allergènes de l'arachide. Par exemple, les espèces de Rothia parvenaient à réduire la capacité des protéines d'arachide à se lier aux anticorps, le processus responsable des réactions allergiques.
En parallèle, les chercheurs ont aussi examiné des échantillons provenant de volontaires allergiques. Résultat : les participants qui avaient un nombre plus élevé de bactéries parvenant à dégrader les allergènes (comme Rothia), toléraient des quantités plus importantes de cacahuètes avant l'apparition d'une réaction.
Vers un traitement contre les allergies aux arachides ?
Ces premiers résultats ont été validés par un autre essai mené avec 120 enfants. Les analyses ont démontré que les espèces de Rothia étaient significativement plus abondantes chez les jeunes présentant un seuil de réaction à l'arachide plus élevé. Lors d'expériences précliniques, les chercheurs ont aussi constaté que Rothia réduisait la quantité d'allergènes atteignant la circulation sanguine, diminuait l'activation des cellules immunitaires responsables de l'anaphylaxie et induisait une réaction allergique nettement moins sévère après exposition.
Ces découvertes pourraient aider à développer des outils pour prévenir les réactions graves aux arachides ou même des traitements.
"Les microbes dans la bouche et l'intestin jouent un rôle important dans la digestion. Dans notre étude, nous avons trouvé des preuves que certains de ces microbes peuvent aider à dégrader les composants de l'arachide d'une manière qui pourrait influencer les réponses allergiques. Ces résultats révèlent une voie nouvellement identifiée reliant le microbiome oral et intestinal à l'allergie alimentaire, et elles peuvent aider à guider les travaux futurs sur la prédiction et le traitement", conclut le co-auteur principal Alberto Caminero Fernandez de l’université McMaster dans un communiqué.



