- Une étude démontre que les souvenirs personnels et les connaissances générales mobilisent les mêmes zones du cerveau.
- Cette découverte bouscule les recherches actuelles sur la mémoire chez l'humain.
- Elle pourrait faire évoluer la compréhension de maladies comme Alzheimer.
Et si notre cerveau utilisait les mêmes circuits pour tous nos souvenirs ? Une nouvelle étude britannique vient bouleverser ce que l’on pensait savoir sur la mémoire. Publiée dans la revue Nature Human Behaviour, elle révèle que nos souvenirs personnels et nos connaissances générales mobilisent en réalité des zones cérébrales largement similaires. Un résultat inattendu qui pourrait transformer notre compréhension des maladies de la mémoire, comme l’Alzheimer.
Deux types de mémoire, une même activité cérébrale
Traditionnellement, les chercheurs distinguent deux grandes formes de mémoire. La mémoire épisodique est celle de nos souvenirs autobiographiques : elle permet de revivre mentalement des événements vécus, comme un anniversaire ou un voyage (mais aussi de nous projeter dans le futur). Elle se distingue de la mémoire sémantique, qui concerne les faits, les connaissances générales, les savoirs théoriques – comme savoir que Paris est la capitale de la France, que l’amanite phalloïde est le champignon le plus mortel au monde, ou encore, quelle est l’utilité d’une fourchette. Ces deux formes sont censées mobiliser des régions cérébrales différentes... Mais l’étude menée par les célèbres universités de Nottingham et de Cambridge remet cette idée en question.
Pour mener leur expérience, les scientifiques ont conçu deux tâches très proches, au cours desquelles 40 participants ont dû se souvenir d’associations entre logos et marques. Dans la tâche sémantique, ils devaient reconnaître des marques connues. Dans la tâche épisodique, ils devaient se rappeler des associations apprises peu avant. Tout au long des exercices, les chercheurs ont observé l’activité cérébrale grâce à l’IRM fonctionnelle, une technique qui visualise les régions activées en mesurant le flux sanguin.
Une nouvelle approche des troubles de la mémoire
A la grande surprise de l’équipe, les résultats ont montré une activité cérébrale quasi identique pour les deux types de mémoire. "La tradition scientifique suggérait que chaque type de souvenir activait des zones distinctes, mais nous avons trouvé une forte superposition dans les régions mobilisées", explique la Dre Roni Tibon, qui a dirigé l’étude, dans un communiqué.
Ces résultats invitent à repenser les modèles actuels de la mémoire, alors que jusqu’ici, la recherche tend à étudier chaque mémoire séparément. "Cela pourrait aider à mieux comprendre des maladies comme la démence ou Alzheimer", souligne la chercheuse. Si l’ensemble du cerveau est impliqué dans tous les types de mémoire, les approches thérapeutiques pourraient en effet être repensées pour stimuler ces réseaux communs. Cette nouvelle piste pourrait ouvrir la voie à des stratégies plus globales.



