- Selon l'OMS, quatre cas de cancer sur dix dans le monde pourraient être évités.
- Le tabagisme reste la principale cause évitable de cancer à l’échelle mondiale.
- Il y a des différences entre les hommes et les femmes ainsi qu'au niveau régional.
En cette journée mondiale contre le cancer, l’OMS et le CIRC se sont penchés sur les facteurs de risque de ces maladies responsables de près de 10 millions de morts par an dans le monde.
Leurs travaux, publiés dans la revue Nature Medicine le 3 février 2026, révèlent que 4 cas de cancer sur 10 étaient liés à des causes évitables.
Cancers : les 3 principaux facteurs de risque modifiables
En reprenant les données recueillies sur 36 types de cancer dans 185 pays et 30 causes de cancers modifiables (tabac, pollution de l'air, inactivité physique, UV, bactéries...), les chercheurs ont découvert que 37 % des nouveaux cas de cancer pourraient être évités en agissant sur les habitudes de vie ou l'environnement. Le tabagisme est la principale cause évitable de cancer à l’échelle mondiale avec 15 % des nouveaux cas. Il est suivi par les infections (10 %) et la consommation d’alcool (3 %).
De plus, près de la moitié des tumeurs malignes évitables concernaient trois types de cancers : celui du poumon, de l’estomac et du col de l’utérus. "Le cancer du poumon est principalement lié au tabagisme et à la pollution de l’air, le cancer de l’estomac est en grande partie attribuable à l’infection à Helicobacter pylori et le cancer du col de l’utérus est dû au papillomavirus humain (HPV) dans l’immense majorité des cas", expliquent les auteurs dans leur communiqué.
"Il s’agit de la première analyse mondiale montrant dans quelle mesure le risque de cancer est lié à des causes évitables", indique le Dr Ilbawi, chef de l’équipe Lutte contre le cancer de l’OMS et auteur de l’étude. "En examinant les tendances dans les pays et les groupes de la population, nous pouvons donner aux pouvoirs publics et aux particuliers des informations plus précises qui, dans bien des cas, contribuent à prévenir les cancers avant qu’ils ne se déclarent", ajoute-t-il.
Facteurs de risque évitables : des différences entre hommes et femmes
En étudiant les différents types de cancers, l’équipe a remarqué des différences selon le sexe du patient. En effet, la charge des cancers évitables est nettement plus élevée chez les hommes. Ils représentaient 45 % de nouveaux cas chez la gent masculine contre 30 % chez les femmes.
Le poids des facteurs de risque modifiables différent également. Chez l’homme, le tabagisme est responsable d’environ 23 % des nouveaux cas, devant les infections (9 %) et la consommation d’alcool (4 %). Chez la femme, les infections sont les principaux facteurs de risque (11 % des nouveaux cas de cancer). Le tabac occupe la deuxième place (6 %) puis vient le surpoids (3 %).
L’étude montre également d’importantes variations en fonction de la région habitée. La charge des cancers évitables est par exemple comprise entre 24 % en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest et 38 % en Afrique subsaharienne chez la femme puis entre 57 % en Asie de l’Est et 28 % en Amérique latine et dans les Caraïbes chez l’homme. "Ces différences reflètent une exposition variable aux facteurs de risque comportementaux, environnementaux, professionnels et infectieux, ainsi que des différences qui tiennent au développement socio-économique, aux politiques nationales de prévention et aux capacités du système de santé", ajoutent les auteurs.
Il faut s’attaquer aux causes évitables du cancer
"S’attaquer à ces causes évitables est l’un des moyens les plus efficaces d’alléger la charge mondiale des cancers", estime la Dre Isabelle Soerjomataram, Directrice adjointe de la Branche Surveillance du cancer du CIRC et autrice principale de l’étude.
Pour l’OMS, l’étude met en lumière l’importance d’instaurer "des stratégies de prévention adaptées prévoyant des mesures strictes de lutte antitabac, la réglementation de l’alcool, la vaccination contre les infections entraînant des cancers, telles que l’infection à papillomavirus humain (HPV) et l’hépatite B, une amélioration de la qualité de l’air, des lieux de travail plus sûrs et des environnements plus sains pour l’alimentation et l’activité physique".
L’institution appelle ainsi à "une action coordonnée des secteurs de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des transports et du travail" qui pourrait "épargner à des millions de familles le malheur d’un diagnostic de cancer". "Agir sur les facteurs de risque évitables permet de faire baisser non seulement l’incidence des cancers, mais aussi les dépenses de santé à long terme et améliore la santé et le bien-être de la population", ajoute-t-elle.




