- Une étude portant sur plus de 417.000 femmes montre que les traitements contre l’infertilité n’augmentent pas le risque global de cancers invasifs.
- Même si le risque total ne change pas, certains types de cancers sont légèrement plus fréquents et d’autres légèrement moins fréquents chez les femmes ayant eu recours à la PMA.
- D’après les scientifiques, ces différences pourraient être liées à l’infertilité elle-même ou à d’autres facteurs médicaux.
Faut-il s’inquiéter d’un lien entre la procréation médicalement assistée (PMA) et certains cancers ? C’est la question que se sont posés des scientifiques de l’UNSW Sydney (Australie). Pour y répondre, ces derniers ont examiné les dossiers nationaux de santé et de cancérologie de 417.984 personnes ayant eu recours à la PMA entre 1991 et 2018. Ces techniques incluaient la fécondation in vitro (FIV), l'insémination intra-utérine et le traitement par clomifène. Ensuite, l’équipe a analysé l'évolution du cancer chez ces femmes sur une période moyenne de 10 ans.
PMA : les femmes concernées ne présentent pas une incidence de cancer plus élevée
Les résultats, publiés dans la revue JAMA Network Open, ont montré que les patientes ayant eu recours à des traitements contre l’infertilité ne présentaient pas un risque global de cancer invasif plus élevé que les autres femmes. Cependant, l'incidence globale des cancers invasifs était légèrement supérieure chez les volontaires sous citrate de clomifène. Chez toutes les participantes, le cancer de l'utérus était entre 23 % et 83 % plus fréquent, selon le type de traitement. Pour celui des ovaires, le risque était d’environ 18 % à 23 %, et pour le mélanome, il était d’environ 7 % à 15 %. L’incidence du cancer du col de l'utérus et du cancer de la trachée, des bronches et du poumon était plus faible. Une forme non invasive de cancer du sein était également plus fréquente chez les femmes ayant eu recours à la FIV, mais l'incidence du cancer du sein invasif n'était pas élevée. "Il est tout à fait normal qu'un groupe spécifique de personnes présente un profil de cancer légèrement différent de celui de la population générale. Mais comme nous le constatons ici, cela ne signifie pas que leur risque global est accru", a déclaré Adrian Walker, auteur principal des travaux.
PMA et cancer : des causes sous-jacentes
Selon les auteurs, la fréquence plus élevée de certains cancers chez les femmes ayant suivi un traitement contre l’infertilité peut s’expliquer par des troubles sous-jacents d'infertilité, comme l'endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques. "Ces maladies sont connues pour augmenter le risque de cancers de l'utérus et des ovaires", a précisé Claire Vajdic, qui a participé aux recherches. Autre constat : les femmes recrutées ayant recours à la PMA sont plus susceptibles de vivre dans les grandes villes et d'appartenir à une catégorie socio-économique favorisée. "Bien que cela n'ait pas été étudié ici, les femmes suivant un traitement contre l’infertilité ont également plus souvent le teint clair et sont moins susceptibles de fumer. Tous ces facteurs contribuent aux tendances observées dans cette étude, notamment la diminution des taux de cancer du poumon et du col de l'utérus", ont ajouté les scientifiques.
Dans les conclusions, ils indiquent que, comme de nombreuses participantes étaient encore relativement jeunes à la fin du suivi, un suivi plus long permettrait d'obtenir des informations complémentaires. "Les femmes ayant bénéficié d'une assistance médicale à la procréation devraient continuer à participer aux programmes de dépistage du cancer auxquels elles sont éligibles. Elles devraient également discuter de leur risque de cancer avec leur médecin afin de comprendre comment le réduire davantage. Il est important de maintenir la sensibilisation au cancer, car cette population vieillit."




