- Un homme de 93 ans a souffert de hoquet pendant plus de deux ans.
- La cause de son hoquet chronique était une œsophagite éosinophile.
- Grâce à un corticostéroïde, les secousses répétitives et bruyantes ont disparu.
Des secousses répétitives parfois bruyantes, c’est ainsi que se traduit le hoquet, une contraction involontaire, spasmodique et coordonnée de tous les muscles inspiratoires associée à une fermeture de la glotte. En général, ce réflexe respiratoire incontrôlable est banal et sans gravité. Mais dans certains cas, il peut devenir chronique et nécessiter une consultation médicale. C’était le cas pour un homme de 93 ans originaire du Moyen-Orient qui en a souffert pendant plus de deux ans. Selon un rapport publié dans la revue Journal of Medical Case Reports, le patient, atteint d'hypothyroïdie, d'hypertension et de dyslipidémie, a été admis à l'hôpital en raison de son hoquet chronique et d'une fatigue persistante depuis deux semaines. "Il avait essayé plusieurs médicaments, notamment des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), de la chlorpromazine et du baclofène, sans grand soulagement de ses symptômes. Il prenait chez lui de la lévothyroxine, de l'amlodipine et de la rosuvastatine."
Hoquet chronique : une biopsie révèle une œsophagite éosinophile
À l’hôpital, il a indiqué, lors de l’examen clinique, ne pas souffrir de trouble de la déglutition, d’odynophagie (douleur pharyngée), de brûlures d'estomac, de vomissements ou de perte de poids. L'imagerie par tomodensitométrie du thorax et de l'abdomen n'a rien révélé de particulier. Une endoscopie haute a ensuite été réalisée et s'est révélée normale. Cependant, des analyses en laboratoire ont mis en avant une élévation du taux d'éosinophiles à 18 % avec un nombre de globules blancs de 9.000 par ml. Compte tenu de son taux élevé d'éosinophiles périphériques, des biopsies ont été prélevées au niveau de l'œsophage. Résultat : "une infiltration éosinophile de l'ordre de 15 éosinophiles par champ à fort grossissement, ce qui a conduit à un diagnostic d'œsophagite éosinophile. (…) L’association entre l'œsophagite éosinophile et le hoquet a rarement été décrite dans la littérature médicale."
Un corticostéroïde pour faire disparaître le hoquet
D’après le Manuel MSD, l’œsophagite éosinophile est une maladie chronique de l'œsophage à médiation immunitaire. Elle provoque une inflammation éosinophile prédominante de l'œsophage et entraîne des symptômes similaires à ceux du reflux, d'une dysphagie et d'une impaction alimentaire (à savoir un aliment reste coincé dans le tube digestif). Pour la traiter, il convient de modifier son alimentation, de prendre des inhibiteurs de la pompe à protons, des corticostéroïdes topiques et un biologique. Dans le cas du nonagénaire, un inhibiteur de la pompe à protons deux fois par jour en association avec du baclofène.
Malgré une amélioration partielle initiale, son hoquet est réapparu. Un traitement par budésonide topique à raison de 2 mg deux fois par jour, 30 minutes avant les repas, lui a donc été prescrit. Par la suite, la fréquence des épisodes de hoquet a progressivement diminué et a complètement disparu en une semaine. "Une nouvelle analyse sanguine a montré une diminution du nombre d'éosinophiles à 10 %. Une nouvelle endoscopie a été proposée, mais le patient l'a refusée."


