- Les cellules immunitaires du cerveau agissent différemment chez les patients touchés d'Alzheimer, selon s'ils sont des hommes ou des femmes.
- Chez les souris, les microglies des femelles expriment davantage de gènes liés à l'interféron.
- De plus, les microglies des femelles laissent des plaques plus grandes et plus irrégulières par rapport à celles des mâles. Ce qui endommage davantage les connexions neuronales.
Les femmes présentent un risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer que les hommes. Des recherches menées par le centre médical de l’université de Rochester (USA) pourraient avoir trouvé la clé de cette différence observée depuis des décennies.
L’étude publiée dans la revue Journal of Neuroinflammmation révèle que les cellules immunitaires du cerveau, appelées microglies, réagissent différemment selon le sexe du patient atteint de démence.
Maladie d’Alzheimer : les microglies ont des réactions différentes selon le sexe
En observant le cerveau de souris atteintes de la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont découvert que les microglies ne réagissaient pas de la manière face aux plaques amyloïdes-β, des amas de protéines qui s'accumulent dans le cerveau et indicateurs de la pathologie neurodégénérative.
Les cellules immunitaires des souris femelles expriment davantage de gènes liés à l'interféron. Or des recherches antérieures ont montré que la production de cette substance naturelle connue pour stimuler le système immunitaire, peut induire à des taux élevés une neuroinflammation et endommager les synapses. "Les chercheurs pensent que lorsque les cellules microgliales consomment les plaques amyloïdes-β, elles peuvent être exposées à de l'ADN ou de l'ARN, le confondre avec un virus, ce qui pourrait amener les cellules à libérer de l'interféron, bien que la cause et la fonction exactes de l'interféron dans la maladie d'Alzheimer restent floues", explique le communiqué.
Les scientifiques ont également remarqué que les microglies féminines laissent derrière elles des plaques plus grandes et plus irrégulières, qui endommagent plus les connexions neuronales que celles du cerveau masculin.
"Il était surprenant de constater que les cellules microgliales femelles présentaient une réponse interféron aussi forte et que ces cellules sensibles à l'interféron captaient davantage de peptide β amyloïde", ajoute Lia Calcines-Rodríguez, première auteure de l'étude. Elle ajoute qu'elle n’a observé aucune différence dans le comportement des microglies à différents stades hormonaux du cycle menstruel. "Ce qui suggère que les fluctuations hormonales n'expliquent probablement pas ces différences", ajoute l’experte.
Alzheimer : vers des traitements différents selon le sexe ?
Après cette découverte, les chercheurs veulent désormais savoir si les différences qu'ils ont observées entre les microglies masculines et féminines, pourraient permettre d’agir sur l'évolution de la maladie. Ils voudraient également déterminer si les microglies masculines et féminines présentent des différences intrinsèques, et si la signalisation par l'interféron pourrait constituer une cible pharmacologique potentielle. Par exemple, s’il serait intéressant et possible de développer des traitements contre la maladie d'Alzheimer personnalisés en fonction du sexe du patient.



