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Horloge biologique

Comment les aliments transformés font croire au cerveau que c’est l’été

Votre assiette pourrait influencer votre horloge biologique plus que vous ne le pensez. Selon une nouvelle étude, certaines graisses, en particulier celles des aliments ultra-transformés, trompent le corps sur la saison, perturbant ainsi le métabolisme.

Comment les aliments transformés font croire au cerveau que c’est l’été Say-Cheese / istock




L'ESSENTIEL
  • Dans la nature, les animaux adaptent leur métabolisme aux saisons, notamment grâce à des modifications dans les types de graisses stockées.
  • Une étude montre que certaines graisses modifient la façon dont notre corps perçoit les saisons.
  • Les aliments transformés, riches en graisses saturées, pourraient piéger notre métabolisme en mode estival.

Et si votre métabolisme était resté coincé en été ? Selon une étude de l’Université de Californie à San Francisco, ce ne serait pas seulement la quantité de graisses que vous consommez qui influe sur votre horloge biologique, mais le type de graisses. Publiée dans la revue Science, cette recherche montre que certaines matières grasses, notamment celles présentes dans les aliments ultra-transformés, perturbent les signaux saisonniers que reçoit notre corps.

Ce que les chips disent à votre cerveau sur l'hiver

Dans la nature, les animaux adaptent leur métabolisme aux saisons, notamment grâce à des modifications dans les types de graisses stockées. Les graisses polyinsaturées (PUFA), plus présentes en hiver, aident à maintenir la souplesse cellulaire face au froid. À l'inverse, un régime pauvre en PUFA signale à l'organisme qu'il est en été, une période de stockage d'énergie.

Or, les chercheurs ont constaté que, chez la souris, un régime riche en graisses transformées mais pauvre en PUFA ralentit l'ajustement à l'hiver, augmente la température corporelle et modifie l'activité cérébrale, comme si le corps restait en mode estival. "Le cerveau possède un minuteur saisonnier intégré qui lit les graisses ingérées", explique Daniel Levine, auteur principal de l'étude, dans un communiqué.

Pour arriver à ce constat, les scientifiques ont testé deux régimes riches en graisses : l'un à base d'huile de maïs naturelle, riche en PUFA, et l'autre avec de l'huile de maïs partiellement hydrogénée, typique des aliments industriels. Résultat : seuls les animaux nourris avec l'huile hydrogénée ont montré un retard d'adaptation à la lumière hivernale.

Nos régimes pourraient désynchroniser notre horloge saisonnière

Des souris génétiquement modifiées pour ne pas réagir au changement de graisses n'ont présenté, de leur côté, aucune variation – preuve que c'est bien la composition des graisses, et non leur simple présence, qui influence l'horloge interne. Le jeûne alimentaire a aussi déclenché une bascule vers le mode hivernal, activant différents gènes liés à la transformation des graisses en molécules de signalisation.

Et chez les humains ? Les régimes modernes, riches en graisses saturées et transformées, pourraient désynchroniser notre horloge saisonnière, selon les chercheurs. Si l'effet chez l'Homme n'est pas encore confirmé, le mécanisme existe. Les auteurs de l'étude invitent donc à s'interroger sur l'impact des aliments transformés qui, en supprimant les signaux de l'hiver, pourraient contribuer à des troubles métaboliques et du sommeil. Autrement dit, un paquet de chips pourrait suffire à tromper votre cerveau sur la saison.

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