- Chez les marathoniens amateurs, le ventricule droit du cœur, la cavité qui pompe le sang vers les poumons, présente une baisse temporaire de sa capacité de pompage juste après les courses, celle-ci se rétablit en quelques jours.
- Sur 10 ans de suivi, aucun signe de dommage durable à la fonction cardiaque n’a été observé chez ces coureurs.
- La hausse des taux de troponine induite par le marathon n’est pas associée la capacité de pompage ventriculaire droite et gauche après 10 ans d'entraînement et de compétition d'endurance.
Jambes, poumons, cœur… Un marathon met le corps à rude épreuve. Après cette course, les participants présentent des taux élevés de troponine, qui est libérée lorsque les cellules du muscle cardiaque sont soumises à un effort important, dans le sang. Face à ce constat, des scientifiques suisses et allemands se sont posés une question : la production de cette protéine, dont les niveaux sont généralement utilisés pour diagnostiquer un infarctus, est-elle associée à un remodelage du ventricule droit à long terme après 10 ans d’exercice d’endurance répété ? Afin d’y répondre, ils ont décidé de mener une étude publiée dans la revue JAMA Cardiology.
Ventricule droit du cœur : une baisse temporaire de sa capacité de pompage juste après les marathons
Pour les travaux, l’équipe a recruté 152 marathoniens masculins dans un centre en Allemagne. Les chercheurs ont examiné le cœur des coureurs avant et après les courses, puis ont suivi leur santé cardiaque pendant la décennie suivante. Ils se sont particulièrement concentrés sur le ventricule droit du cœur. La raison ? Cette cavité semble particulièrement sollicitée lors des marathons. Elle "pompe le sang à travers les poumons, où la pression augmente brusquement pendant un effort soutenu", peut-on lire dans The Conversation.
Les résultats ont montré que la capacité de pompage du ventricule droit a diminué significativement entre l'évaluation avant le marathon et l'évaluation immédiate après la course, ainsi qu'à 24 heures après l’épreuve. En revanche, celle-ci s'est rétablie à trois jours plus tard. "Elle a également retrouvé son niveau pré-course même lors du suivi à 10 ans." Les auteurs ont aussi observé que la capacité de pompage du ventricule gauche du cœur a diminué, tandis que le rapport E/e' latéral, un paramètre d’échocardiographie cardiaque utilisé pour évaluer la fonction diastolique du cœur (c’est-à-dire la façon dont le ventricule gauche se remplit de sang entre deux contractions), a augmenté durant du suivi à 10 ans.
Pas de lien entre les taux élevés de troponine et les problèmes cardiaques
"Aucune association n'a été observée entre l'augmentation de la troponine induite par l'effort après le marathon et les variations de la capacité de pompage ventriculaire droite et gauche à long terme (…) Ces données suggèrent que des entraînements physiques intenses et répétés, ainsi que des compétitions d'endurance, n'ont pas induit de détérioration à long terme de la fonction ventriculaire droite chez la plupart des athlètes masculins amateurs pratiquant l'endurance", a précisé l’équipe.


