Des produits moins gras ou moins sucrés, avec des saveurs préservées : c’est la promesse des aliments dits allégés. Mais l’association 60 Millions de consommateurs recommande de s'en méfier. Dans un article paru le 2 janvier, elle alerte sur ces faux-amis, qui ne sont pas forcément plus sains que leurs équivalents "classiques".
Produits allégés : des additifs alimentaires pour compenser le gras ou le sucre
"Pour nombre de recettes, la version light est synonyme d’ajout d’additifs, alerte 60 Millions de consommateurs. Les versions qui réduisent les matières grasses jouent souvent sur les exhausteurs de goût (sel, sucre, glutamate monosodique…) car le gras apporte naturellement de la saveur aux aliments." Dans ces produits allégés, on peut aussi retrouver des édulcorants, dont l’aspartame, l’acésulfame K ou encore les glycosides de stéviol. "Ces substances sont potentiellement problématiques, développe l’association. (…) Une étude de l’Inrae sur l’animal montre, en outre, que les édulcorants intenses ne seraient associés ni à une perte ni à une stabilisation du poids."
60 Millions de consommateurs cite des travaux réalisés par l’Inserm, et publiés en mars 2022, sur les effets des édulcorants sur la santé. L’équipe de recherche concluait alors que "comparés aux non consommateurs, les personnes qui consommaient le plus d’édulcorants, en particulier d’aspartame et d’acésulfame-K avaient un risque plus élevé de développer un cancer, tous types de cancers confondus".
Comment les produits allégés peuvent nous faire manger plus ?
60 Millions de consommateurs constate un autre biais lié à ces produits light : considérés comme "sains", ils peuvent nous pousser à manger plus. "Le light induit un biais cognitif qui mène à se dire : j’ai le droit puisque c’est allégé", explique le Dr Julien Rousseaux, médecin nutritionniste, dans l’article. L’association pointe aussi le fait que ces produits moins sucrés ne résolvent pas le problème du goût sucré. "Les édulcorants, par exemple, en maintenant le goût sucré de l’aliment, ne contribuent pas à en déshabituer le consommateur excessif", soulignent les auteurs de l’article.
Pour le Dr Rousseaux, l’essentiel est plutôt de manger équilibré. "Pas besoin d’allégé quand on mange de manière diversifiée et en quantités adaptées", explique le spécialiste. Comme le rappelle l'Assurance Maladie, une alimentation équilibrée est avant tout variée. "Il n’y a pas d’aliments interdits : il faut consommer de tout, mais en quantités adaptées à son âge, à son état de santé et à son activité physique", prévient l'organisme.


