- Les produits "light" sont souvent perçus comme plus sains, mais leur composition cache parfois des surprises.
- Additifs, édulcorants et effets psychologiques peuvent nuire à leur efficacité.
- Une alimentation variée et équilibrée reste la meilleure option.
Dans les rayons des supermarchés, les étiquettes "light" ou "0% de matières grasses" sont placardées et mises en évidence sur les emballages alimentaires, comme des cachets pour une alimentation saine. Pourtant, ces produits dits "allégés" sont loin d'être aussi vertueux qu'ils le prétendent, selon une récente enquête de l’association et magazine 60 Millions de consommateurs.
Un allégement qui n'est pas toujours bénéfique
Pour être qualifié de "light" dans l'Union européenne, un produit doit afficher une réduction d'au moins 30 % de sa valeur énergétique ou d'un nutriment (gras, sucre...) par rapport à sa version classique. Mais cette baisse est souvent compensée par l'ajout d'autres substances : amidons, gommes, exhausteurs de goût (comme le glutamate monosodique), voire davantage de sucre. Ainsi, une mayonnaise allégée contient certes moins de matières grasses (environ 28 % contre 70 à 75 % pour la version classique), mais elle est aussi bien plus sucrée.
Afin de conserver une saveur sucrée sans sucre, les industriels ont aussi recours à des édulcorants intenses comme l'aspartame ou les glycosides de stéviol. Or, l'étude NutriNet-Santé menée par l'Inserm et une recherche de l'Inrae sur l'animal suggèrent que ces substances ne sont ni sûres pour la santé, ni efficaces pour stabiliser ou réduire le poids.
Le piège du "J’ai le droit puisque c’est allégé"
Le piège du "light", c'est aussi son effet psychologique. "Le light induit un biais cognitif qui mène à se dire : j’ai le droit puisque c’est allégé", explique le Dr Julien Rousseaux, médecin nutritionniste, cité par 60 Millions de consommateurs. Résultat : on se sent moins coupable et on mange plus... sans pour autant améliorer son alimentation.
Les produits allégés entretiennent également le goût du sucré, ce qui empêche une véritable transition vers des habitudes alimentaires plus saines. Et pour cause, le consommateur pense mieux manger, mais reste attaché aux mêmes saveurs, souvent trop sucrées ou salées. "Pas besoin d’allégé quand on mange de manière diversifiée et en quantités adaptées", affirme le Dr Rousseaux.
Le vrai levier, pour une alimentation saine, ne réside donc pas dans les étiquettes, mais dans la qualité des produits (et la modération), rappelle 60 Millions de consommateurs. En clair, mieux vaut choisir une compote "sans sucre ajouté", proche du fait maison, plutôt qu’une compote estampillée "light", souvent bien loin de l’aliment brut.


