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Endocardite : une infection du cœur dont la fréquence n’a pas diminué
Endocardite : une infection du cœur dont la fréquence n’a pas diminué
Publié le 09.11.2016
Mise à jour 21.08.2018
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Endocardite : une infection du cœur dont la fréquence n’a pas diminué
interstid/iStock

Endocardite : DIAGNOSTIC

Quand faut-il évoquer une endocardite?

Toute fièvre de cause inexpliquée et « trainante » sur plus de 3 jours chez une personne à risque d’endocardite doit être suspecte d'endocardite infectieuse jusqu'à preuve du contraire.
Dans ce genre de circonstances, il faut impérativement consulter son médecin qui fera faire des cultures du sang (« hémocultures ») à la recherche d’une infection bactérienne avant tout traitement antibiotique et ne pas hésiter à demander un échocardiogramme (et si besoin échographie transœsophagienne).

Comment diagnostiquer une endocardite infectieuse?

Lorsque des signes cardiaques s’associent à des signes infectieux, le diagnostic d’endocardite est plus facilement évoqué. Il est plus difficile lorsque les manifestations générales (« systémiques ») sont au premier plan ou lorsque la maladie est révélée par un accident vasculaire cérébral, un purpura fébrile ou un lumbago fébrile.
La fièvre est le plus constant des signesmais est d’allure très variable : « décalage fébrile » modéré à 38-38,5 °C, fièvre « en plateau », « oscillante », ou simple « fébricule ». Des périodes sans fièvre (« apyrexie ») sont possibles, soit spontanément, soit en raison d’une antibiothérapie prescrite sans diagnostic. Une altération de l'état général peut associer de façon variable, avec une asthénie, un amaigrissement, des sueurs, une pâleur.
Devant un syndrome infectieux inexpliqué, le médecin réalisera une auscultation cardiaque et la découverte d’un« souffle cardiaque », témoignant du dysfonctionnement d’une valve, authentifiera la localisation de l’infection au niveau d’une valve. La valeur diagnostique est plus grande lorsque en cas d’apparition d'un nouveau souffle ou de modification d’un souffle déjà connu. L'absence de souffle ne permet cependant pas d'exclure le diagnostic. D’autres manifestations cardiaques peuvent apparaître : insuffisance cardiaque, trouble de la conduction. Et il est possible de trouver une grosse rate (« splénomégalie ») à l’examen du ventre.
Mais au final, les 2 piliers du diagnostic d’endocardite infectieuse sont les hémocultures et l'échocardiographie.
Les hémocultures(ou culture de sang du malade) représentent l'examen fondamental et permettent d'isoler la bactérie (ou un autre micro-organisme) responsable de l'endocardite dans 90 % des cas. Trois prélèvements sanguins veineux sont réalisés en moyenne. D’autres hémocultures complémentaires seront pratiquées durant 2 ou 3 jours si les hémocultures initiales sont négatives, notamment chez les sujets ayant reçu préalablement des antibiotiques. La majorité des micro-organismes poussent en quelques jours, mais il faut parfois un temps plus long pour isoler certains micro-organismes à croissance difficile (certaines bactéries telles que Brucella, streptocoques déficients et les levures). La prescription actuelle très large de l’antibiothérapie, le plus souvent empirique, conduit fréquemment à la prescription d'antibiotiques avant la réalisation d’hémocultures, même chez des valvulaires fébriles ce qui a pour conséquence d’empêcher la pousse des hémocultures réalisées ultérieurement et prive le médecin d’un élément diagnostique majeur. L’infection est dite « décapitée » : elle s’est arrêtée mais elle va repartir.
L'échographie cardiaque permet d'affirmer le diagnostic lorsqu'elle montre l'une des lésions caractéristiques de l’endocardite : végétation, abcès, perforation valvulaire ou désinsertion de prothèse.Même si les techniques échographiques actuelles, particulièrement « l'échographie transœsophagienne », ont une valeur diagnostique, la visualisation des végétations reste parfois difficile, notamment lorsqu'elles sont de petite taille ou situées sur des valves de prothèse.

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