- Le daraxonrasib est un médicament ciblant la protéine KRAS, qui agit comme un "accélérateur" pour la croissance tumorale.
- Deux essais cliniques de phase I, testant le traitement sous forme de trois comprimés, ont montré une hausse de la durée de survie chez les personnes atteintes du cancer du pancréas.
- Des expériences menées sur des souris ont révélé une efficacité supérieure de la combinaison d'un inhibiteur de KRAS avec une immunothérapie.
En France, environ 5 % des personnes atteintes d’un cancer du pancréas survivent cinq ans après le diagnostic, "ce qui fait de ce cancer l’un des plus dangereux", selon le gouvernement. Chez les patients pour lesquels l’ablation complète de la tumeur, suivie d’une chimiothérapie, est possible, le taux de survie à cinq ans est d’environ 20 %. Afin d’améliorer le pronostic de cette maladie généralement détectée à un stade avancé, les chercheurs travaillent au développement d’outils diagnostiques plus précis et de protocoles thérapeutiques plus efficaces.
Un traitement ciblant une protéine alimentant le cancer du pancréas
Actuellement, un nouveau médicament, appelé daraxonrasib, est testé dans le cadre d’essais cliniques à travers le monde. Il s’agit d’un inhibiteur de KRAS, capable de bloquer une protéine qui alimente ce cancer particulièrement agressif, dont l’incidence est actuellement en forte d’augmentation. "La protéine mutante est comme une pédale bloquée en position basse, provoquant une prolifération incontrôlée, dont les tumeurs se nourrissent. Ces mutations sont présentes dans un quart des cancers humains, principalement des cancers agressifs du pancréas, du poumon et du côlon", selon les scientifiques. En outre, le médicament cible également deux autres protéines, HRAS et NRAS, dont la mutation favorise la progression du cancer.
Cancer du pancréas : les chances de survie augmentent avec le daraxonrasib
Jusqu’à présent, le daraxonrasib, qui se présente sous forme de trois comprimés à prendre quotidiennement à domicile, n’est pas considéré comme un remède. Cependant, les résultats d’un essai de phase I, mené auprès de 38 volontaires souffrant du cancer du pancréas, ont montré que le traitement avait doublé la durée de survie pour au moins la moitié d'entre eux par rapport à la chimiothérapie. Dans le détail, leur durée de survie serait passée d'environ 7 mois à 15,6 mois. Une autre étude a révélé que plus de 90 % des 83 patients inclus avaient vu leur cancer du pancréas se stabiliser pendant le traitement et environ 30 % avaient constaté une réduction de la taille de la tumeur. Sous traitement, au moins la moitié des patients ont gagné plus de huit mois d'espérance de vie avant que le cancer ne recommence à progresser.
D’après Mark O'Hara, oncologue qui dirige plusieurs essais cliniques évaluant les inhibiteurs de KRAS à l’université de Pennsylvanie, l'effet secondaire le plus fréquent est une éruption cutanée. "91 % des patients participant à un essai de phase I ont présenté ce symptôme, dont 8 % des cas graves. Elle apparaît souvent sur le visage ou le cuir chevelu et ressemble à de l'acné. Diarrhée, nausées, vomissements et aphtes sont d'autres symptômes courants" qui sont généralement bien pris en charge. "Je souhaite pouvoir prescrire des inhibiteurs de KRAS à tous mes patients dès maintenant", a-t-il déclaré.
Combiner le daraxonrasib et l’immunothérapie ?
Au sein de l'université de Pennsylvanie, un gastro-entérologue, Ben Stanger, a mené des expériences sur des souris et a constaté que la combinaison d'un inhibiteur de KRAS avec une immunothérapie pourrait être plus efficace que l'utilisation seule du médicament. "Il faudra peut-être encore des années pour évaluer l'innocuité et l'efficacité de cette combinaison."



