- Un placenta accreta est un placenta qui est attaché de manière anormalement ferme à l'utérus.
- Cette insertion placentaire anormale est favorisée par le collagène enchevêtré ou irrégulier au niveau d'anciennes cicatrices de césarienne.
- La modulation du collagène et des interventions anti-inflammatoires ciblées pourraient améliorer la cicatrisation utérine et réduire l'incidence des anomalies du placenta accreta.
Après l’accouchement, le placenta se détache généralement de l’utérus et la femme peut l’expulser seule, ou avec l’aide d’un médecin ou d’une sage-femme. Lorsque celui-ci s'implante trop profondément dans la paroi utérine et reste dans l’utérus après la délivrance, les risques d’infection et d’hémorragies, potentiellement mortelles et nécessitant une hystérectomie, sont plus élevés. Cette complication obstétricale, qui constitue une cause majeure de la mortalité maternelle, porte le nom de placenta accreta. Elle est associée aux cicatrices utérines, notamment après une césarienne. "Malgré ses importantes séquelles cliniques, les mécanismes sous-jacents restent mal compris. Des données récentes suggèrent qu'un remodelage anormal de la matrice extracellulaire joue un rôle central dans la physiopathologie de l'insertion anormale du placenta", selon des chercheurs de l’UCLA Health (États-Unis).
Placenta accreta : le collagène enchevêtré ou irrégulier au niveau d'anciennes cicatrices utérines en cause
Dans une nouvelle étude, l’équipe a voulu explorer comment la structure du collagène, lorsqu'elle devient enchevêtrée ou irrégulière au lieu d'être bien alignée, contribue à une adhérence placentaire anormale. Pour ce faire, elle a prélevé des échantillons chez 13 patientes atteintes de placenta accreta et chez 10 patientes présentant des facteurs de risque d'insertion anormale, mais sans placenta accreta. Dans le détail, le prélèvement des tissus a été fait à l'endroit où le placenta s'était inséré et à l'endroit où il ne s'était pas inséré. Les auteurs ont également examiné des prélèvements chirurgicaux de placenta de souris. "De plus, un modèle in vitro de placenta accreta a été développé à partir de fibroblastes utérins humains décidualisés, de trophoblastes et de macrophages afin d'évaluer le remodelage de la matrice extracellulaire, la cicatrisation et les interactions inflammatoires."
Les résultats, publiés dans la revue American Journal of Obstetrics and Gynecology, ont montré que le collagène enchevêtré ou irrégulier au niveau d'anciennes cicatrices utérines altérait la jonction normale entre l'utérus et le placenta, créant un environnement propice à une insertion placentaire anormale et à un accouchement à haut risque. "Le principal problème du placenta accreta n'est pas la croissance anormale du placenta lui-même, mais la façon dont les cicatrices utérines modifient la structure et l'organisation du collagène dans l'utérus, augmentant ainsi les risques à l'accouchement."
"Toutes les cicatrices ne guérissent pas de la même manière"
"Toutes les cicatrices ne guérissent pas de la même manière", d’après Yalda Afshar, auteur des travaux. L’étude a révélé qu’une inflammation persistante et des cellules immunitaires (macrophages) perturbaient le remodelage normal de la cicatrice, entraînant une architecture anormale du collagène qui favorise une insertion placentaire anormale. "Ces travaux contribuent à expliquer pourquoi certaines patientes ayant subi une césarienne développent un placenta accreta tandis que d'autres n'en développent pas, et ouvrent la voie à de nouvelles méthodes pour identifier les risques plus tôt, avant ou dès le début de la grossesse."


