- Les basses températures sont associées à un risque accru d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque, indépendamment des autres variables météorologiques.
- Plus la durée d'exposition au froid est longue, plus le risque est élevé jusqu'à ce que les températures moyennes des 7 jours précédant l'événement soient atteintes.
- "Cette période pourrait représenter la fenêtre optimale pour prédire les événements liés à l’insuffisance cardiaque."
"Bien que les basses températures soient associées à un risque accru d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque (soit quand le cœur n’arrive plus à pomper le sang aussi efficacement qu’il le devrait), une hétérogénéité persiste lorsqu'on considère un plus large éventail de variables météorologiques et de périodes d'exposition", selon des chercheurs de l’université de Lorraine. Étant donné que ces derniers estiment qu’une évaluation complète des autres variables météorologiques est essentielle, ils ont mené une étude publiée dans la revue American College of Cardiology. L’objectif ? Évaluer le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque lié à la température, à l'humidité relative, à la pression atmosphérique et aux précipitations sur différentes périodes d'exposition.
Décompensation cardiaque : les basses températures, facteur majeur d’hospitalisation
Dans le cadre des recherches, les scientifiques ont examiné le cas de 4.512 personnes admises pour dyspnée (essoufflement) aiguë et ayant reçu un diagnostic d'insuffisance cardiaque aiguë aux urgences du CHU de Nancy de janvier 2010 à octobre 2022. "Pour les variables considérées, les valeurs moyennes journalières ont été utilisées pour calculer les moyennes sur différentes périodes (3 jours, 7 jours, 14 jours et un mois) avant la consultation aux urgences."
Selon les résultats, l’exposition aux basses températures entraîne une décompensation cardiaque. Cela signifie que le cœur ne pompe plus assez efficacement, le sang stagne et des liquides s’accumulent. En raison de cette décompensation cardiaque, le risque d’hospitalisation augmente. Une augmentation des précipitations sur une semaine ou un mois et une pression atmosphérique élevée sur un mois sont également liées à un risque accru d'une future hospitalisation ultérieure pour insuffisance cardiaque.
Intégrer les "prévisions climatiques dans les systèmes de télésurveillance à domicile"
L’analyse a révélé une augmentation progressive du risque d'insuffisance avec une exposition prolongée à la température jusqu'à une semaine, après quoi le risque se stabilisait. "Cette période pourrait représenter la fenêtre optimale pour prédire les événements liés à l’insuffisance cardiaque. (…) L'intégration des prévisions climatiques dans les systèmes de télésurveillance à domicile non invasifs pourrait permettre aux patients d'adapter rapidement leur comportement à leur environnement et au climat, et aider les professionnels de santé à prendre des bonnes décisions", a conclu l’équipe.



