- La consommation excessive de sel reste un facteur majeur d'hypertension et de maladies cardiovasculaires.
- Le sel, riche en sodium, attire l’eau dans le sang, augmentant ainsi le volume sanguin et donc la pression sur les parois des artères.
- La British Heart Foundation appelle à des mesures fortes pour réduire la teneur en sel de l'alimentation.
Chaque semaine, les Britanniques consomment l'équivalent en sel de 155 paquets de chips. C'est le chiffre choc dévoilé cette semaine par la British Heart Foundation (BHF), qui dénonce une consommation excessive et encore méconnue, alors même qu’elle est lourde de conséquences pour la santé cardiovasculaire.
Excès de sel et hypertension artérielle
En moyenne, un adulte en Angleterre ingère 8,4 grammes de sel au quotidien, soit 40 % de plus que le maximum recommandé de 6 g. Un excédent qui représente à lui seul six paquets de chips supplémentaires par jour, souligne la BHF. 8,4 g par jour, c’est plus ou moins la consommation de sel en France, avec 9 g pour les hommes et 7 pour les femmes. Cet excès de sel est l’un des principaux facteurs de l’hypertension artérielle, elle-même responsable d’un décès sur six dans le monde, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette pathologie, surnommée le "tueur silencieux", touche près d’un tiers des adultes au Royaume-Uni, dont cinq millions sans le savoir. En Europe, elle touche près d’un quart de la population, dont 17 millions de Français.
Pourquoi l'hypertension artérielle ? Le sel, riche en sodium, attire l’eau dans le sang, augmentant ainsi le volume sanguin et donc la pression sur les parois des artères. A terme, cela endommage le cœur, les vaisseaux sanguins et accroît les risques d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’infarctus ou encore d’insuffisance cardiaque.
Du sel caché dans les aliments courants
Pour prévenir les maladies cardiovasculaires, un adulte ne devrait pas dépasser 5 grammes de sel par jour, soit une cuillère à café. Pourtant, selon une enquête de YouGov pour la BHF, 56 % des Britanniques ignorent combien de sel ils consomment, et seuls 16 % connaissent la limite recommandée. Et pour cause, "la majeure partie du sel que nous ingérons est caché dans les aliments que nous achetons [...] Difficile donc de savoir combien de sel nous ingérons", explique Dell Stanford, diététicienne à la BHF. Même chose en France : compte tenu de nos habitudes alimentaires, la majorité du sel consommé provient d’abord "du pain et des biscottes, puis de la charcuterie, des condiments et sauces, des plats cuisinés, des fromages, des soupes et potages, ainsi que des quiches et pizzas", souligne l'Anses.
Les bénéfices d'une assiette moins salée sont bien connus : ne serait-ce qu’une baisse de 25 % de la consommation de sel pourrait éviter jusqu'à 900.000 décès d’ici 2030 en Europe, selon l'OMS. La BHF appelle donc le gouvernement britannique à agir. Elle propose notamment d’inclure des objectifs obligatoires de réduction du sel dans le futur programme national "Healthy Food Standard". En parallèle, une interdiction de publicité pour les aliments trop riches en sel, sucre et graisses est entrée en vigueur dans le pays en janvier 2026. Elle limite la diffusion de ces produits avant 21 h à la télévision, et la proscrit totalement en ligne. Une mesure saluée par les professionnels de santé.



