- Le diabète de type 2 modifie directement la structure du cœur et ses systèmes énergétiques, selon une nouvelle étude.
- Cette découverte explique pourquoi les personnes atteintes de diabète sont plus à risque d'insuffisance cardiaque.
- Elle pourrait aussi aider à développer de nouveaux traitements.
Plus de 4 millions de Français sont atteints de diabète. Cette maladie chronique de l’assimilation et du stockage des sucres peut entraîner de nombreuses complications. Les patients ont notamment un risque accru d’insuffisance cardiaque.
Des chercheurs de l'université de Sydney ont découvert pourquoi le diabète de type 2 impacte le cœur : il modifie la structure des muscles et des cellules de l’organe.
Le diabète affecte la structure et le fonctionnement du cœur
Pour cette étude publiée dans la revue EMBO Molecular Medicine, l’équipe a récupéré et analysé les tissus cardiaques de patients souffrant de cardiopathies ayant subi une greffe cardiaque. Certains étaient diabétiques et d’autres non. Elle a alors remarqué que le diabète aggrave l’insuffisance cardiaque en perturbant des processus biologiques importants et en remodelant le muscle cardiaque.
"En temps normal, le cœur utilise principalement les graisses, mais aussi le glucose et les corps cétoniques comme source d’énergie. Il a été précédemment décrit que l’absorption du glucose est accrue en cas d’insuffisance cardiaque. Cependant, le diabète réduit la sensibilité à l’insuline des transporteurs de glucose (des protéines qui permettent le passage du glucose à travers la membrane cellulaire) dans les cellules musculaires cardiaques", explique le Dr Benjamin Hunter, co-directeur de l’étude. "Nous avons observé que le diabète aggrave les caractéristiques moléculaires de l’insuffisance cardiaque chez les patients atteints d’une maladie cardiaque avancée et augmente le stress sur les mitochondries (qui sont les centrales énergétiques de la cellule)".
De plus, les patients atteints de diabète et de cardiopathie ischémique présentaient une production moindre de protéines essentielles à la contraction du muscle cardiaque. Ils avaient aussi davantage de tissus cardiaques fibreux et résistants. Ces différences cellulaires et structurelles affectaient la capacité du cœur à pomper le sang. "Le séquençage de l’ARN a confirmé que bon nombre de ces modifications protéiques se reflétait également au niveau de la transcription des gènes, notamment dans les voies liées au métabolisme énergétique et à la structure des tissus, ce qui renforce nos autres observations", ajoute le Dr Hunter. Les changements structurels du tissu cardiaque ont par ailleurs été confirmés via des examens au microscope.
Une découverte pouvant aider à réduire les risques cardiaques des diabétiques
Pour les chercheurs, les différences découvertes dans les tissus et la structure du cœur des patients atteints de diabètes pourraient aider à développer des thérapies réduisant leurs risques cardiaques. "Maintenant que nous avons établi un lien entre le diabète et les maladies cardiaques au niveau moléculaire et observé comment cela modifie la production d'énergie dans le cœur tout en changeant sa structure, nous pouvons commencer à explorer de nouvelles pistes de traitement", indique le Pr Sean Lal, co-directeur de l’étude. "Nos résultats pourraient également servir à éclairer les critères de diagnostic et les stratégies de prise en charge des maladies en cardiologie et en endocrinologie, améliorant ainsi les soins pour des millions de patients."



