- La récupération de sommeil le week-end diminue le risque de dépression de 41 % chez les adolescents et les jeunes adultes.
- Les symptômes dépressifs quotidiens sont deux fois moins susceptibles de survenir lorsque la durée de sommeil en semaine est optimale.
- Pour lutter contre le manque de sommeil chez les jeunes, "les spécialistes du sommeil et professionnels de la santé soutiennent la campagne de santé publique visant à décaler l'heure de début des cours."
"Les chercheurs et les professionnels spécialisés dans le sommeil recommandent depuis longtemps aux adolescents de dormir huit à dix heures par nuit à heure fixe, mais c'est tout simplement impossible pour beaucoup d'entre eux", a déclaré Melynda Casement, psychologue et professeure à la Faculté des arts et des sciences de l'Université de l'Oregon (États-Unis). En effet, nombreux jeunes manquent de sommeil, car plusieurs activités, notamment l'école, la vie sociale, les activités extrascolaires, sollicitent leur temps et leur attention. Problème : se coucher tard et faire des nuits courtes et irrégulières sont liés à un risque de dépression, une cause majeure d'invalidité chez les adolescents.
Dépression : 41 % de risques en moins chez les jeunes faisant la grasse matinée le week-end
Dans une nouvelle étude, la chercheuse et son équipe ont voulu évaluer l'hypothèse selon laquelle la récupération de sommeil le week-end peut diminuer les symptômes dépressifs à la fin de l'adolescence et au début de l'âge adulte. Pour cela, ils ont passé en revue les données d’une enquête nationale menée, de 2021 à 2023, auprès de 1.087 personnes âgées de 16 à 24 ans. Les heures de coucher et de lever déclarées par les participants en semaine et le week-end ont permis de calculer le score de sommeil hebdomadaire. La dépression a été définie comme le fait, pour les volontaires, de se sentir "triste ou déprimé" quotidiennement. En outre, les scientifiques ont pris en compte l'indice de masse corporelle, l'âge, le sexe et l'origine ethnique des jeunes.
Les résultats, publiés dans la revue Journal of Affective Disorders, ont montré que les volontaires ayant des heures de coucher et de lever décalées, mais qui rattrapaient leur sommeil en faisant la grasse matinée le week-end présentaient 41 % moins de risques de souffrir de symptômes dépressifs. Selon les auteurs, une durée de sommeil optimale en semaine, à une heure adéquate, avait un effet deux fois plus bénéfique sur les symptômes dépressifs quotidiens.
"Décaler l'heure de début des cours"
Les chercheurs rappellent qu’à l’adolescence, les habitudes de sommeil changent, ce qui explique pourquoi la plupart des jeunes ont plus de difficultés à s'endormir aussi tôt qu'avant. "Au lieu d'être matinal, vous allez devenir plutôt nocturne. L'endormissement se retarde progressivement à l'adolescence, jusqu'à l'âge de 18 à 20 ans. Après cela, vous redevenez plus matinal. Le cycle de sommeil typique des adolescents est de s'endormir vers 23 h et de se réveiller vers 8 h. Cela entre en conflit avec les horaires de début de cours matinaux de nombreux lycées américains. Par conséquent, de nombreux spécialistes du sommeil et professionnels de la santé soutiennent la campagne de santé publique visant à décaler l'heure de début des cours."



