Les additifs sont largement présents dans l’alimentation moderne. Ils permettent notamment de prolonger la durée de vie des aliments. Des études scientifiques ont déjà identifié des effets indésirables liés à ces produits. Pour mieux les comprendre, une équipe de l’Inserm a réalisé deux études sur les liens entre additifs alimentaires conservateurs et deux types de maladies : le cancer et le diabète de type 2.
Additifs alimentaires : deux études sur deux types de conservateurs
Ces scientifiques, dirigés par Mathilde Touvier, directrice de recherche Inserm, se sont intéressés à deux types de conservateurs : les non-antioxydants et les antioxydants. Les premiers permettent de bloquer la croissance des microbes et de ralentir la détérioration des aliments. Les seconds rallongent la durée de vie des aliments en limitant les niveaux d’oxygène. "Sur les emballages, ils correspondent généralement aux codes européens compris entre E200 et E299 (pour les conservateurs au sens strict) et entre E300 et E399 (pour les additifs antioxydants)", indiquent les auteurs dans un communiqué.
Quels sont les liens entre les additifs et le cancer ?
La première étude, publiée dans le British Medical Journal, repose sur les données de 105.260 participants. Dans ce groupe, 4.226 personnes ont développé un cancer. "La consommation totale de conservateurs non-antioxydants était associée à une incidence accrue de cancer au global et de cancer du sein spécifiquement", concluent les auteurs. Ces derniers ont constaté que quatre types de conservateurs étaient particulièrement associés à un risque plus élevé de cancer, en cas de consommation élevée : les sorbates, les sulfites, le nitrite de sodium et les acétates. Ces différentes substances étaient toutes associés à une augmentation du risque global de cancer et de cancer du sein en particulier. "Plusieurs études expérimentales ont observé que certains de ces composés peuvent altérer les voies immunitaires et inflammatoires, ce qui pourrait déclencher le développement d’un cancer", précisent les chercheurs dans leur communiqué.
Un risque plus élevé de diabète de type 2 en lien avec la consommation de conservateurs
Dans Nature Communications, l’équipe de recherche publie les résultats d’une autre étude, dédiée aux liens entre ces additifs et le diabète de type 2. Cette fois, les chercheurs ont observé les cas de diabète parmi un groupe de 108.723 patients, suivis entre 2009 et 2023. "Des consommations plus élevées d’additifs conservateurs au global, de conservateurs non antioxydants et d’additifs antioxydants étaient associées à une incidence accrue de diabète de type 2, respectivement de 47 %, 49 % et 40 %, comparé aux plus faibles niveaux de consommation", concluent-ils.
Les auteurs précisent que d’autres travaux seront nécessaires pour confirmer ces résultats, mais ils rappellent qu’ils s’ajoutent aux données déjà existantes sur les effets néfastes de ces additifs. "Ces travaux justifient une fois de plus les recommandations du Programme national Nutrition santé faites aux consommateurs de privilégier les aliments frais et peu transformés et de limiter autant que possible les additifs superflus", conclut Mathilde Touvier.




