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Fausse couche

Microbiote : son rôle méconnu sur la réussite d’une grossesse

Le microbiote intestinal jouerait un rôle clé dans le succès des grossesses, selon une nouvelle étude.

Microbiote : son rôle méconnu sur la réussite d’une grossesse Alexander Gixt/istock




L'ESSENTIEL
  • Les microbes intestinaux aideraient le système immunitaire de la mère à s'adapter au fœtus en développement pendant la grossesse.
  • Lors de tests, des souris n'ayant pas de microbiote faisaient plus de fausses couches que les souris ayant un microbiote sain.
  • De premiers essais laissent penser que des mécanismes similaires seraient en place chez les humains.

Digestion, immunité, fonctions cérébrales et troubles mentaux… Il n'y a désormais aucun doute que le microbiote intestinal joue un rôle fondamental dans plusieurs éléments clés de la santé. Les bonnes bactéries seraient aussi essentielles au succès d’une grossesse, selon des chercheurs de Weill Cornell Medicine.

Leur étude, publiée dans la revue Cell, révèle que le microbiote intestinal aide à prévenir les réactions du système immunitaire susceptibles d'entraîner une fausse-couche.

Grossesse : le microbiote aide à éviter les réactions du système immunitaire

Pour déterminer le rôle du microbiote dans les grossesses, les chercheurs ont suivi les gestations de souris. Un premier groupe de femelles avait été élevé en milieu stérile sans exposition aux bactéries, champignons ni virus (souris axéniques). Un second recevait des antibiotiques pour perturber leur flore intestinale. L’équipe a constaté que ces deux types de rongeurs présentaient une inflammation placentaire excessive, entraînant la mort fœtale, par rapport aux souris gestantes avec un microbiote intestinal sain. "Plus précisément, ces souris développaient un nombre excessif de lymphocytes T producteurs d’interféron gamma et d’anticorps susceptibles d’attaquer le fœtus en développement", précisent les auteurs dans leur communiqué.

Les rongeurs gestants ayant de bonnes bactéries intestinales produisaient pour leur part deux types de cellules immunitaires protectrices, les cellules myéloïdes suppressives (MDSC) et les lymphocytes T régulateurs RORyt+ (pTreg). Ces dernières sont connues pour aider l’organisme de la mère à tolérer le fœtus.

"Pendant la grossesse, il est crucial que le système immunitaire de la mère soit entraîné à reconnaître que le fœtus est inoffensif”, rappelle Pr Melody Zeng, auteure principale de l'étude. "Cela empêche le système immunitaire maternel d'attaquer le fœtus, ce qui peut entraîner des fausses couches à répétition ou des morts fœtales in utero."

Autre découverte : le liquide amniotique des souris enceintes avec un microbiote sain contenait des métabolites dérivés de l’acide aminé tryptophane qui étaient produits par des bactéries intestinales. "Ces métabolites maintiennent des cellules immunitaires protectrices à l'interface materno-fœtale, favorisant ainsi la tolérance immunitaire. L'administration de métabolites du tryptophane ou de bactéries les produisant aux souris axéniques a permis d'augmenter le taux de survie fœtale de 50 % à 95 %". Par contre, l'administration de bactéries intestinales non impliquées dans cette voie métabolique n'a pas amélioré l'issue de la grossesse.

Fausse couche : le microbiote humain pourrait fonctionner de la même manière

Le mécanisme observé chez les souris pourrait bien être aussi présent chez les humains. Après leur découverte, les chercheurs ont en effet analysé des prélèvements de tissus de la muqueuse utérine effectués chez des femmes ayant fait plusieurs fausses couches. Les tests ont révélé des faibles taux de métabolites dérivés du tryptophane et des cellules MDSC et pTreg.

"Les mêmes cellules immunitaires que nous avons identifiées chez les souris semblent importantes pour les grossesses humaines", conclut la chercheuse Julia Brown, première auteure de l'étude. "Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer le rôle de ces cellules immunitaires et des métabolites du tryptophane dans les grossesses humaines."

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