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Arrêter de fumer : les solutions doivent être adaptées

Arrêter de fumer : les solutions doivent être adaptées

Publié le 31.05.2017
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Arrêter de fumer : les solutions doivent être adaptées
©123RF-Brian Jackson

Avec une substitution adaptée et un peu de motivation, de nombreuses personnes réussissent à diminuer progressivement leur consommation de cigarette. Seul ou accompagné, à chacun son mode de sevrage, mais plus le tabagisme est ancien et plus il faut se faire aider.

Arrêter de fumer : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Le « tabagisme » est le fait de fumer.
Le « paquet-année » est une unité de mesure qui correspond à un paquet par jour pendant un an ou un demi paquet par jour pendant 2 ans.

Quel est le mécanisme de la dépendance au tabac ?

La dépendance au tabac est principalement liée à la nicotine, la substance que l’on retrouve en grande quantité, à plus de 93 % dans la feuille de tabac.
La nicotine va agir au niveau de certains circuits nerveux dans le cerveau, en les modifiant et en activant la production d’une hormone que l’on appelle la « dopamine ». La dopamine, entre autres, participe au « circuit de la récompense » et provoque une sensation de plaisir. A force d’activer ce phénomène en consommant du tabac, le fumeur va s’habituer à cet état et la sensibilité du circuit nerveux du plaisir va s’atténuer, ce qui explique qu’il faudra de plus en plus de nicotine pour obtenir le même plaisir. Ainsi entre chaque cigarette, la concentration en nicotine diminue dans le cerveau qui va fabriquer de nouveaux récepteurs et donc provoquer un syndrome de manque… qui incite à griller une nouvelle cigarette.
La dépendance est d’autant plus forte que la personne a commencé à fumer jeune, et en particulier pendant l’adolescence où se construisent les principaux circuits neuronaux dans le cerveau.

Quels sont les signes qui apparaissent en cas de manque ?

La dépendance au tabac est à l’origine de modifications du comportement sur le plan physique, psychologique et comportemental.
Lorsque le manque en nicotine se fait sentir, les premiers signes qui apparaissent sont une envie irrépressible de fumer associée à une irritabilité et une nervosité.
Une sensation de mal-être global persistera pendant quelques semaines, de même qu’une tendance à l’insomnie et un léger sentiment dépressif. Une sensation de faim et de besoin de sucre pourra s’installer. Chez certaines personnes, ce manque se traduira par un syndrome anxieux (stress, suées, angoisses).
Généralement ces signes persistent quelques mois après le début du sevrage et s’estompent progressivement.

Comment le corps va réagir à l’arrêt du tabac ?

Au bout d’un certain délai, le corps commencera petit à petit à reprendre son fonctionnement normal.
Tout d’abord, le métabolisme va ralentir car la nicotine a la particularité d’avoir une activité stimulante sur le corps. Le signe le plus flagrant est la sensation de fatigue intense qui survient les premières semaines du sevrage. Le tube digestif est également touché par ce ralentissement avec pour conséquence une constipation.
Au niveau pulmonaire, les bronches vont reprendre leurs droits et évacuer un maximum de glaires enrichies en particules de fumée. En effet, les cils tapissant la paroi des bronches et de la trachée vont se remettre à fonctionner de façon coordonnée vers la bouche à nouveau après une période de paralysie ou de désorganisation. Il est par conséquent tout à fait normal de tousser les premières semaines.
Autre réaction du corps, le goût et l’odorat se développeront dès les premiers jours d’arrêt. Il n’est pas rare d’avoir l’impression de redécouvrir le parfum d’objets du quotidien et de trouver certaines odeurs fortes alors qu’elles ne le sont pas. Auparavant saturées de fumée de cigarette, les bandes olfactives du nez se libèrent et doivent réapprendre à fonctionner normalement.
Une fois l’odorat libéré, c’est au goût de faire son apparition. Les aliments deviennent plus savoureux, augmentant ainsi l’appétit et la sensation de faim. D’ailleurs il n’est pas rare de prendre du poids après l’arrêt de la cigarette, car celle-ci a un effet coupe-faim.

Quelles substances contient une cigarette ?

Une cigarette contient plus de 4000 substances chimiques plus ou moins toxiques qui vont se mélanger à la fumée.
Parmi ces substances, on trouve des solvants, des détergents, des hydrocarbures, des goudrons et même des traces de poison. Le mercure et le plomb sont des métaux considérés comme nocifs et cancérigènes. L’ammoniac, l’acétone sont utilisés normalement comme agents nettoyants. Les goudrons et le monoxyde de carbone sont retrouvés ailleurs dans les gaz d’échappements de voitures. Le toluidine, l’arsenic, le polonium 210, le pyrène, la naphtylamine ou le benzopyrène sont des composés chimiques mortels apparentés pour certains à du poison. Enfin l’acide cyanhydrique est comme son nom l’indique du cyanure, un poison utilisé notamment dans les chambres à gaz du régime nazi.
Un cocktail nocif, irritant, asphyxiant et cancérigène concentré dans seulement 8 centimètres.

Quels sont les dangers de la cigarette ?

Les dangers de la cigarette pour le corps sont multiples et sont identifiés scientifiquement dans plusieurs dizaines de milliers d’études à travers le monde.
Le premier danger est celui de faire une maladie cardiovasculaire comme l’infarctus du myocarde, la fameuse crise cardiaque. Fumer multiplie le risque de maladies cardiovasculaires par 3 ou 5 par rapport à une personne non fumeur. Le deuxième danger est d’origine respiratoire et pulmonaire.
De nombreuses maladies des poumons trouvent leur origine principalement dans l’inhalation des fumées de cigarette. Le cancer du poumon qui est associé à un fort taux de mortalité, la broncho-pneumopathie chronique obstructive qui encombre les bronches et empêche de respirer correctement ou encore l’emphysème qui va détruire progressivement la structure alvéolaire des poumons.
Différents types de cancers sont susceptibles de se développer à cause du tabac comme les cancers de la gorge, de la bouche, de l’œsophage, de la vessie, ou encore des reins.
Pour les hommes, la consommation de cigarettes augmente le risque d’être impuissant. Après 60 ans, la dysfonction érectile est deux fois plus fréquente chez les fumeurs.
Pour les femmes, fumer augmente le risque de cancer du col de l’utérus et pendant la grossesse, fumer expose le fœtus à des malformations physiques, un retard mental et à un risque de mort prématurée.

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